ILE DE LA REUNION .PRO

MEDECINS DU MONDE


MEDECINS DU MONDE A NANCY

 

 

Le bus de Médecins du Monde stationne sur la Place Saint Sébastien, à proximité du centre commercial du même nom. Il fait beau et les passants sont nombreux. Les bénévoles, tous vêtus d'un gilet sans manches décoré de badges, sont plusieurs à accueillir les curieux qui s'approchent timidement pour voir de plus près de quoi il s'agit. Dans l'esprit du public, Médecins du Monde et Médecins sans Frontières, c'est un peu blanc bonnet et bonnet blanc.

 

Avant Nancy où il est présent les 20 et 21 avril, le bus est passé par Saint-Denis, Poitiers, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Marseille, Nice et Strasbourg. Après son passage en Lorraine, il reprendra sa route. La dernière étape sera Paris. Entre Saint-Denis et Paris, trois mois se seront écoulés durant lesquels les bénévoles auront vécu beaucoup d'aventures et rencontré de nombreuses personnes. S'ils sont parfois mal accueillis – les insultes fusent dans certaines villes comme me le confie Sylvine Bouffaron du service Communication – ils sont le plus souvent assez bien reçus par les municipalités.

 

(photo : Sébastien Duijndan)

MEDECINS DU MONDE, c'est beaucoup de chiffres, tellement plus éloquents que de grands discours :

 

80% des personnes accueillies à la Mission France de Médecins du Monde ont droit à une couverture maladie. Pourtant, par méconnaissance des droits ou à cause des obstacles administratifs, 82% de ces personnes n'ont pas de droits ouverts lorsqu'ils se présentent pour la première fois. Parmi les personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté, 2 millions sont considérées « trop riches » pour bénéficier de la CMU qui permet à toute personne résidant en France de façon régulière et font les ressources sont inférieures à 598,23 euros par mois de bénéficier d'une couverture maladie. 191 000 sont bénéficiaires de l'AME qui est destinée aux étrangers en situation irrégulière présents depuis plus de trois mois en France avec les mêmes conditions de ressources et 4 840 000 sont bénéficiaires de la CMU.

 

Sur les 500 PASS (permanences d'accès aux soins de santé) prévus, seuls 369 (derniers chiffres de 2003) ont été créés dont moins de 100 correspondent à l'ensemble des critères requis.

(photo : Christine Biau)

Il existe en France 100 000 Sans Domicile Fixe et 3,2 millions de mal logés. 61% des patients de Médecins du Monde sont en grande difficulté de logement. L'espérance de vie pour les personnes vivant dans la rue est de 49 ans.

 

3 enfants sur 10 vivant dans des logements en état d'insalubrité repérés par Médecins du Monde sont imprégnés ou intoxiqués par le plomb et 85 000 enfants de moins de 6 ans sont potentiellement atteints de saturnisme selon une étude Insern de 1999.

 

11% des consultations dans les centres de Médecins du Monde ont abouti à un diagnostic d'affection psychiatrique et on estime à au moins 25% le nombre de personnes vivant dans la rue souffrant de pathologies psychiatriques.

 

Sur les quelques milliers de Rroms vivant en France, 90% vivent dans des conditions de vie et d'hygiène misérables (bidonvilles, caravanes délabrées, cabanes).

 

Le Haut Commissaire au Réfugiés estime au 1er janvier 2006 que plus de 20 millions de personnes relèvent de sa compétence. Seuls 17% d'entre eux sont accueillis en Europe. En France, on observe une baisse de la demande d'asile mais surtout une baisse du taux d'accord du statut de réfugié en première instance : seulement 8,2% pour l'année 2005. En 2005, à Médecins du Monde, près de 3 patients étrangers sur 10 sont concernés par la demande d'asile. Au 31/12/05, il y avait 17 400 places en CADA (Centre d'Accueil pour Demandeurs d'Asile) pour 59 221 demandeurs d'asile.

 

L'usage de drogues par voie intraveineuse est en augmentation en France en particulier chez les jeunes de moins de 25 ans.

 

3750 euros d'amende et 2 mois de prison pour délit de racolage passif, instaurés par la loi de Sécurité intérieure de 2003.

(photo : Christine Biau)

Face à ces chiffres, cinq engagements pour l'accès aux soins des plus démunis :

 

1. Créer un seul système de couverture maladie pour toutes les personnes résidant en France et vivant en dessous du seuil de pauvreté : intégrer l'AME dans la CMU

 

2. Donner au hôpitaux les moyens d'accueillir et de prendre en charge tous les malades en particulier les plus démunis en ouvrant une permanence d'accès aux soins de santé dans chaque hôpital

 

3. Pour lutter efficacement contre le saturnisme infantile, lancer une campagne nationale de dépistage et de protection immédiate des enfants intoxiqués au plomb

 

4. Répondre aux besoins en santé mentale des personnes sans-abri en développant des unités mobiles de psychiatrie et en donnant les moyens à la psychiatrie publique de les accueillir et de les soigner

 

5. Garantir aux étrangers gravement malades et qui ne peuvent pas avoir effectivement accès aux soins dans leur pays d'origine, la non expulsion, la régularisation et l'accès aux soins sans restriction

(photo : Isabelle Chalumeau)

Propos de la déléguée Lorraine, Anne-Marie Worms :

Médecins du Monde, association Loi 1901, s'est créée en 1980 après une scission au sein de Médecins Sans Frontières en 1979 au moment où les boat people fuyaient en Mer de Chine sur des embarcations de fortune. Bernard Kouchner, avec d'autres personnes, a décidé de quitter Médecins sans Frontières pour créer Médecins du Monde.

 

L'Association Médecins du Monde est moins grande que Médecins Sans Frontières. Son originalité est d'avoir une mission France depuis 1986 qui représente une grosse activité à côté de la mission internationale. Toutes les régions de France sont actives avec des délégués régionaux.

 

Parmi ces personnes, on trouve bien sûr des médecins, certains encore actifs et d'autres retraités, plutôt orientés vers la médecine générale, tous bénévoles comme d'ailleurs la très grande majorité du personnel. Les salariés représentent vraiment une minorité. A Nancy, pour 35 à 40 membres bénévoles, un seul demi-poste salarié est occupé par une assistante sociale.

 

Notre mission : soigner ceux qui n'ont pas accès aux soins de santé pour des raisons de précarité. C'est aussi, depuis toujours, de témoigner du manque d'accès aux soins, pour essayer de faire bouger les choses en mobilisant les politiques. La veille des élections est bien sûr une bonne opportunité pour essayer de sensibiliser les élus et les futurs candidats. Personnellement, j'estime qu'on n'a pas suffisamment parlé des personnes en grande précarité dans cette campagne présidentielle.

 

A Nancy, la mission existe depuis 1988. Nous avons un centre d'accueil et de soins, mais aussi toutes sortes d'activités hors centre. Le credo de Médecins du Monde est d'aller au devant des gens, aux repas du soir, à la soupe des Sans-Abris du dimanche et d'autres endroits pour essayer de rencontrer les personnes en difficultés. Si nos consultations avaient augmenté jusqu'en 1998, elles avaient chuté à la mise en place du PASS en 1999 et de la CMU en 2000 pour reprendre maintenant. Il y a donc un réel besoin d'accès aux soins pour les personnes en situation précaire. Parmi cette population victime de la précarité se trouvent bien sûr des enfants. Une des revendications concernant les enfants est le saturnisme, pratiquement absent en Lorraine, lié essentiellement à des logements insalubres avec des vieilles peintures et de vieux papiers peints.

 Les prochaines stations de la tournée du bus de Médecins du Monde :

 

 Nantes : 5 mai 2007

 Grenoble : 9 mai 2007

 Lyon : 11 et 12 mai 2007

 Rouen / Le Havre : fin mai 2007

 Paris : dates à confirmer

 (pour en savor plus : www.mdm-en-campagne.org )

 

 

  Isabelle Chalumeau (écrivain public)

ZAZ-ECRITOIRE

BP 30125

54715 LUDRES

Tel : 06.70.35.05.76

courriel : isabelle.chalumeau@wanadoo.fr et ichalumeau@free.fr

Sites : www.toutnancy.com/toutecrire et http://ichalumeau.free.fr