ILE DE LA REUNION .PRO

Francis Poulenc et Erik Satie


 

FRANCIS POULENC ET ERIK SATIE

 

 Pour son quatrième concert de l'année 2006-2207, le GAM - Gradus ad Musicam - a choisi de nous présenter des oeuvres de deux compositeurs du XXe siècle :

 

 

Francis Poulenc (1899-1963) naît à Paris, cité qu'il affectionnera toute sa vie pour son élégance et son énergie ; il y meurt à l'âge de soixante-quatre ans. Agé d'à peine sept ans, il compose de courtes pièces et son ambition précoce de jouer du piano est encouragée par sa mère, elle-même musicienne.

Ainsi que les autres compositeurs du Groupe des Six (Milhaud, Auric, Honegger, Kurey et Tailleferre), Poulenc rejette le goût contemporain pour le romantisme et l'impressionnisme et se prononce en faveur du style populaire et plein d'esprit du music-hall, adoptant Satie et Cocteau comme maîtres esthétiques et spirituels. Il admire beaucoup la poésie, en particulier celle de G. Apollinaire, M. Jacob, et P. Eluard.

Les compositions de Poulenc, dont Bal Masqué composé en 1932, reflètent une réelle bonne humeur et un sens de l'invention spontanée ; elles témoignent toujours d'une grande indépendance d'esprit.

 (source texte et photo : http://mac-texier.ircam.fr/textes/c00001732/ )

 

Erik Satie (1866-1925) naît à Honfleur où il passe son enfance. Après le décès de sa mère, il est élevé par ses grands-parents. Il prend des cours d'orgue avec un oncle. De 1879 à 1886, il vit avec son père, courtier maritime, à Paris et entre au conservatoire.

Sa première composition date de 1886 et sera suivie de nombreuses autres, tandis qu'il adopte la vie monmartroise où il s'engage comme pianiste dans les cabarets. En 1899, il compose un petit opéra pour marionnettes, Geneviève de Brabant, en trois actes dont chacun dure moins de cinq minutes. Une dizaine d'années plus tard, il se rapproche de novateurs comme Diaghilev, Picasso, Cocteau. En 1917, il écrit la musique de Parade, «ballet réaliste» sur un argument de Cocteau, des décors et des costumes dessinés par Picasso, une chorégraphie de L. Massine, représenté par les Ballets russes de Diaghilev.

Il compose en 1918 Socrate, considéré comme son chef-d'œuvre.

Satie fait figure de proue de l'Avant-garde et deux groupes se recommandent de son autorité : Le Groupe des Six et l' École d'Arcueil. Engagé dans la vie sociale, il collecte des fonds et organise des goûters pour les enfants déshérités. Il écrit plusieurs articles pour le journal l'Humanité, mais estime que ses camarades Bolchéviks ne valent pas mieux que les bourgeois.

(source texte et photo : http://www.musicologie.org/Biographies/satie.html )

 

 

 

  

   

Le concert commence avec Le Bal masqué de Francis Poulenc.

Une table est dressée avec des verres immenses et des gâteaux... incroyables ! Un banquet réunit cinq personnages farfelus, bien décidés à faire la fête et à profiter des plaisirs de la vie.

 

   

Le Bal masqué se termine par une danse lascive de la dernière participante à tenir à peu près debout : la dame aveugle.

Les fidèles du GAM ne sont pas habitués à voir la soprano de l'ensemble tituber sur scène... Mais ils n'ont pas boudé leur plaisir et ont applaudi sans retenue le talent de Célia Pierre qui a prouvé lors de ce spectacle ses dons d'actrice. Combiné à sa belle plastique, le charme de la jeune soprano n'a pas échappé au public.

 

  

Après Le Bestiaire de Francis Poulenc, six poèmes de Guillaume Apollinaire interprétés par le baryton Jean-Louis Georgel, le spectacle continue avec Le Gendarme incompris, toujours du même Poulenc, une abracadabrante histoire de moeurs écrite par Jean Cocteau et Raymond Radiguet.

Le gendarme, le commissaire et la marquise sont représentés par des marionnettes. La pétulante Célia Pierre nous enchante ce soir tant par sa voix que par ses facéties.

 

  

En dernière partie, Geneviève de Brabant d'Erik Satie.

Au lendemain de ses noces avec Siegfried, Geneviève de Brabant, déjà enceinte mais ignorante de son état, se retrouve seule après le départ de son époux pour la guerre. Le sénéchal Golo en profite pour la courtiser, mais elle le repousse. Pour se venger, il l'accuse d'adultère et Geneviève est condamnée à mort. Pris de pitié, les soldats l'abandonnent dans une forêt.

 

 

Geneviève survit et donne naissance à son enfant qu'elle nourrit grâce au lait d'une biche attendrie par la jeune femme. Quelques années plus tard, Siegfried retrouve son épouse lors d'une partie de chasse. Convaincu de son innocence et de l'injustice dont elle a été victime, il la ramène dans son château et fait exécuter l'abominable Golo dont la tête roule jusque sur le devant de la scène...

Dans la légende du XIXe siècle, Geneviève de Brabant meurt peu de temps après et la biche la suit dans la mort.

 

  

Dans le spectacle du GAM, on ignore sciemment la fin tragique de la légende pour s'arrêter au retour triomphal de Geneviève et terminer sur la fête et la danse.

Les musiciens et les choristes accompagnent la liesse de cette fin de représentation.

 

 

Nous avons beaucoup ri durant tout le spectacle et les chanteurs avaient bien du mérite à garder leur sérieux ! Même le chef d'orchestre a eu l'air de bien s'amuser ! N'a-t-il pas poussé la plaisanterie jusqu'à demander à la jeune interprète de retraverser la scène au petit trot, à califourchon sur son bâton à l'effigie de l'aimable biche ?

Amatrice d'art lyrique, je n'étais pas certaine d'apprécier ce concert ; les extraits écoutés ne m'emballaient pas vraiment... Et pourtant, j'ai ri aux larmes, enthousiasmée par la mise en scène extraordinairement burlesque, très exactement dans le ton des oeuvres proposées.

Mise en scène : Jean-Luc MICHEL

Direction : François LEGEE

Choeur & orchestre de Chambre GRADUS AD MUSICAM

 

   Pour en savoir plus : www.gradus-ad-musicam.com 

  

 Toutes les photos de ce reportage ont été réalisées par Monique COLIN.

 

   Isabelle Chalumeau (écrivain public)

ZAZ-ECRITOIRE

BP 30125

54715 LUDRES

Tel : 06.70.35.05.76

courriel : isabelle.chalumeau@wanadoo.fr et ichalumeau@free.fr

Sites : www.toutnancy.com/toutecrire et http://ichalumeau.free.fr

 Nancy, 24 avril 2007