ILE DE LA REUNION .PRO

Charles Mellin


 

 

 

 

Charles Mellin (vers 1600 – 1649)

un Lorrain entre Rome et Naples

4 mai - 27 août 2007 au musée des beaux-arts de Nancy

 

 

 

Le nom de Charles Mellin (Nancy, vers 1597 – Rome, 1649), s'il est désormais bien connu des historiens d'art, demeure encore confidentiel auprès du grand public.

Ce peintre lorrain occupa pourtant une place de premier plan sur la scène artistique européenne de la première moitié du XVIIe siècle. Le musée des beaux-arts de Nancy souhaite aujourd'hui lui rendre hommage en organisant la première rétrospective de son oeuvre.

Inscrite dans une série de recherches et d'événements ayant fait resurgir des artistes « oubliés » du XVIe siècle français (Lubin Baugin, Sébastien Bourdon, Pierre Brebiette et plus récemment Jacques Stella, un contemporain de Mellin), cette exposition inédite est soutenue par un comité scientifique international regroupant des personnalités éminentes de l'histoire de l'art et des musées sous la présidence de Monsieur Pierre Rosenberg, président-directeur honoraire du musée du Louvre.

Environ 70 dessins et tableaux empruntés aux plus grandes collections françaises :

musée du Louvre, Ecole nationale supérieure des beaux-arts, musée lorrain, musée Fabre (Montpellier), musée Calvet (Avignon), musées des beaux-arts de Tours, Rouen, Valenciennes et étrangères : fondation Luis Ferré à Ponce (Porto Rico), museo nazionale di Capodimonte à Naples, palazzo Barberini à Rome…, ainsi qu'à plusieurs églises et à des particuliers seront rassemblés dans cette présentation qui s'articulera autour de plusieurs thématiques :

En quête de Mellin

De Nancy à Rome, l'atelier de Simon Vouet

Mellin dessinateur

La Rome des Barberini

La Trinité-des-Monts

Le décor de Saint-Louis-des-Français

Décors pour l'abbaye de Montecassino

De Montecassino à Naples

Mellin à Naples

 

 

Charles Mellin

un Lorrain entre Rome et Naples

 

 

A travers cette exposition, le musée des beaux-arts de Nancy ambitionne de faire redécouvrir l'artiste et de replacer Mellin au coeur de la production de son temps, en mettant en scène des oeuvres de ses contemporains, professeurs, amis et rivaux comme Nicolas Poussin, Simon Vouet, Le Dominiquin ou Jusepe Ribera. L'exposition permettra par ailleurs d'écrire une nouvelle page de l'histoire des liens étroits qui unirent la Lorraine et l'Italie au cours du XVIIe siècle.

 

 

L'exposition sera ensuite présentée au musée des beaux-arts de Caen,

du 21 septembre au 31 décembre 2007

 

 

Charles Mellin

un Lorrain entre Rome et Naples

 

à propos de Charles Mellin

Charles Mellin, probablement né à Nancy vers 1597, reçoit une première formation dans une Lorraine marquée par la renommée de Jacques Bellange et où vient d'être dévoilée l'Annonciation du Caravage (musée des beaux-arts de Nancy). Il se fixe à Rome vers l'âge de 20 ans et va dès lors mener une carrière toute italienne entre Rome et Naples. Il devient l'une des personnalités importantes des foyers romains et napolitains aux côtés d'artistes prestigieux tels que Simon Vouet, Nicolas Poussin, Giovanni Lanfranco et Andrea Sacchi.

Charles Mellin bénéficie de l'apprentissage de Simon Vouet lors de son séjour à Rome et connaît une rapide faveur. En 1630, il obtient la commande de la Chapelle de la Vierge à Saint- Louis-des-Français à Rome pour laquelle l'artiste lorrain sera préféré à Poussin.

Par la suite, Mellin travaille à des tableaux d'autel et pour des chantiers décoratifs importants : fresques pour l'infirmerie et le cloître de la Trinité-des-Monts à Rome, puis pour l'abbaye de Montecassino à partir de 1634, ensemble malheureusement détruit pendant la seconde guerre mondiale (sans avoir jamais été photographié !).

Lorsque l'artiste meurt à Rome le 21 septembre 1649, connu et gravé de son vivant, cité par les plus fameux historiographes du XVIIe siècle, il semble paré de tous les avantages qui permettent d'ordinaire à la mémoire d'un artiste de parvenir jusqu'à nous sans éclipse. Par une suite de malchances et de destructions, les oeuvres de Mellin, prématurément disparu sans descendant ni héritier proche, devaient au contraire connaître une longue période d'oubli.

 

 

Charles Mellin

un Lorrain entre Rome et Naples

 

 

chronologie

Charles Mellin (Nancy, v. 1597 – Rome, 1649)

de la Lorraine à Rome

vers 1597 Naissance à Nancy.

vers 1610-1615 Le jeune homme est formé dans un milieu artistique alors dominé par

Jacques Bellange.

Rome

vers 1618-1620 Il part pour l'Italie, et gagne Rome peut-être via Florence.

Il côtoie alors les peintres Jacques Stella et Jacques de Létin, et le

sculpteur Jacques Sarrazin. Il travaille aux côtés de Simon Vouet et

probablement du Dominiquin.

juillet 1627 Simon Vouet quitte Rome. La renommée de Mellin s'accroît.

vers 1627-1629 Il peint un Saint François de Paule pour l'autel de la nouvelle infirmerie du

couvent de la Trinité-des-Monts.

1629-1631 Mellin loge chez Don Vincenzo Muti.

Vers 1629-1630, il peint à fresque deux lunettes pour le cloître des

minimes à la Trinité-des-Monts (Saint François de Paule aux pieds de

Sixte IV)

En 1631, il travaille à la chapelle de la Vierge dans l'église Saint-Louisdes-

Français, où il est préféré à Baglione, Lanfranco et Poussin. Il reçoit

alors le soutien du Cavalier d'Arpin et du Dominiquin.

1634 Mellin obtient un premier contrat pour travailler au décor de l'abbaye de

Montecassino, qui sera renouvelé en 1635. Il peint un Sacrifice d'Abel

(connu par divers tableaux) et treize compartiments à la voûte. Le décor

sera détruit en 1944.

1638 Mellin est de nouveau à Rome et habite via del Babuino.

Naples

1642-1647 L'artiste est à Naples. Il entretient des relations avec Ascanio Filomarino,

archevêque de Naples et neveu des Barberini.

1643 Il peint un tableau d'autel pour les SS Annunziata, La Purification de la

Vierge (détruit en 1757). L'expertise du tableau est réalisée par Massimo

Stanzione, Jusepe Ribera et Giovanni Lanfranco. Il travaille également au

décor d'une chapelle pour le Palais royal.

1646-1647 Il signe une Immaculée Conception et une Annonciation pour l'église

Santa Maria Donnaregina Nuova.

Mellin fuit la révolte de Masaniello et s'installe de nouveau à Rome.

Rome

1649 Mellin meurt à Rome le 21 septembre. Il est enterré à Saint-Nicolas-des-

Lorrains

 

 

Charles Mellin

un Lorrain entre Rome et Naples

Charles Mellin et Poussin

extraits du texte de Pierre Rosenberg pour le catalogue de l'exposition

La résurrection d'un artiste et de son oeuvre peut-elle reposer sur un malentendu ? Et les

conditions de sa redécouverte se fondent-elles sur des règles immuablement établies ?

L'exemple de Charles Mellin s'avère particulièrement éloquent. Comme Georges de La Tour, il

était lorrain, né quelques années à peine après le peintre de Vic. Comme tous ses compatriotes

et comme Georges de La Tour - nous le pensons sans jamais avoir pu en apporter la preuve –,

il se rendit tout jeune en Italie. Mais à l'opposé de ses contemporains lorrains, il s'y établit et s'y

fit connaître. Son surnom italien, Carlo Lorenese, signale ses origines. A l'inverse de Georges

de La Tour, il se consacra aux grandes compositions d'autel, aux décorations à fresque

d'églises, à l'allégorie et au dessin. Il mourut à Rome en 1649, quatre ans avant La Tour. Se

connurent-ils dans leur jeunesse à Nancy, se croisèrent-ils à Rome ? On aimerait l'imaginer

mais l'on se doit d'en douter. Les deux artistes ne se ressemblent que sur un point, l'oubli dans

lequel l'un et l'autre sombrèrent, pour près de trois siècles en ce qui concerne Mellin. (…)

Sans Poussin, né rappelons-le en 1594 un an après Georges de La Tour, pas de Charles

Mellin ? C'est ce que l'on crut longtemps. Tout commence en 1966-1967 (il serait cependant

injuste d'oublier l'article essentiel de Jacques Bousquet qui date de 1955). Le souvenir de

l'exposition Poussin du Louvre de 1960, celui du colloque Poussin de 1958 dont les actes furent

publiés deux ans plus tard, était encore dans toutes les mémoires. Poussin revenait d'actualité.

On comprit – on l'avait quelque peu oublié depuis 1914, depuis les monographies parues cette

même année de Walter Friedländer, d'Otto Grautoff et d'Emile Magne – que Poussin – la

remarque surprend aujourd'hui – comptait parmi les plus grands artistes du siècle. Chacune des

principales nations européennes avait « fourni » son génie, Caravage (et le Bernin), Rembrandt

(et Vermeer), Rubens, Velazquez, Elsheimer… et Poussin. On comprit surtout que le nom de

Poussin avait été donné à un nombre considérable d'oeuvres souvent médiocres, parfois de

grande qualité mais qui en aucun cas ne lui revenaient. On demeure aujourd'hui interdit devant

certains tableaux qui un temps portèrent le nom de l'artiste. La grande bataille des

désattributions commençait. Elle opposa en un premier temps Anthony Blunt et Denis Mahon,

mais bientôt s'élargit et d'anglaise devint internationale.

On relut les textes contemporains, les sources, les documents d'archives, on se pencha sur les

plus anciennes provenances. On s'interrogea sur la chronologie de l'oeuvre. On étudia les

gravures, on compara dessins et tableaux. C'est de ce renouveau d'intérêt, venu de tous les

pays, à partir de cette confrontation d'opinions et d'avis divers et divergents que Charles Mellin

a revu le jour. Ce fut l'article fondateur (et largement excessif) d'une érudite suisse Doris Wild

(1966-1967) qui obligea à s'interroger. Ce furent ensuite les travaux capitaux de Jacques

Thuillier, de Sylvain Laveissière, de bien d'autres, qui détachèrent du massif Poussin quelques

feuilles qui furent à juste raison rendues à Mellin.

On se donna pour peine de reconstituer la vie de l'artiste, de réunir les faits assurés, de

retrouver les oeuvres anciennement documentées. Mellin avait-il dessiné ? Le nombre de ses

feuilles, à l'origine quelques dessins portant de tradition son nom, crut rapidement. On s'aperçut

que la plupart de ses compositions avait été soigneusement préparée par des dessins à la

plume et au lavis de bistre, en certains cas nombreux, autant de variations sur un même thème.

(L'Assomption, L'Ascension, L'Annonciation, La Présentation au Temple, La Fuite en Egypte).

On s'interrogea, sans qu'à ce jour une explication satisfaisante ait été apportée, sur les raisons

des anciennes inscriptions à la plume et encre brune Posino qui se lisent sur tant de feuilles de

l'artiste.

Du même pas, le nombre des tableaux que l'on rendit au peintre augmenta régulièrement. On

distingua les oeuvres romaines (Erich Schleier) de celles réalisées à Naples (Nicola Spinosa) et

on prit conscience de l'évolution du style de Mellin. Plus son oeuvre prenait corps, plus il

s'avérait abondant, plus il s'imposait par sa variété et par sa qualité et moins l'on comprit que

l'on ait si souvent pu le confondre avec celui de Poussin.

Non que les deux artistes ne se soient pas regardés et parfois jalousés, comme nous le

prouvent les fresques de Saint-Louis-des-Français (à fresque comme les lunettes de la Trinitédes-

Monts et le décor, hélas détruit durant la seconde guerre mondiale, de Montecassino). Mais

les ambitions de Mellin semblent bien différentes de celles de Poussin, en tout cas, du Poussin

postérieur à la Mort de Germanicus et au Martyre de saint Erasme. (…)

Sans doute Mellin n'ignorait pas que Poussin avait gagné la partie et que dorénavant lui

revenait le second rôle. Il s'employa, on le vérifiera à l'exposition, à Nancy comme à Caen, à le

servir avec panache.

Est-ce à dire que le partage Poussin-Mellin est définitivement fixé ? Poussin ou Mellin ou

encore un troisième larron à ce jour non encore identifié ? Les questions restent nombreuses.

Les importants travaux et le présent catalogue établi par Philippe Malgouyres, à qui Mellin doit

une part importante de sa résurrection, les évoquent avec objectivité. (…)

  

Charles Mellin

un Lorrain entre Rome et Naples

autour de l'exposition

visites commentées

pour les visiteurs individuels : les mercredis et dimanches à 15 h

pour les groupes : sur réservation préalable

audio guide

un audio guide en français commentera les oeuvres majeures de l'exposition. Disponible à

l'accueil du musée et compris dans le prix du billet

conférences

auditorium du musée – entrée libre

un nouveau XVIIe siècle français

par Sylvain Laveissière

conservateur en chef au département des Peintures, musée du Louvre

jeudi 10 mai 2007 à 18h30

Charles Mellin et l'Italie

par Philippe Malgouyres

conservateur au département des objets d'art, musée du Louvre

commissaire scientifique de l'exposition

jeudi 31 mai 2007 à 18h30

concerts

en partenariat avec les Rencontres Musicales de Lorraine

Six concerts seront programmés dans l'auditorium du musée, précédés d'une visite

thématique de l'exposition.

renseignements :

http://www.nancyphonies.net - tél. : 03 83 96 43 24 - contact@nancyphonies.net

informations pratiques

musée des beaux-arts

3, place Stanislas – 54000 Nancy

tel. 03 83 85 30 72 –www.mairie-nancy.fr

le musée est ouvert tous les jours, sauf le mardi et le 14 juillet, de 10h à 18h