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COURS D'HISTOIRE DE L'ART A PARIS


 

  COURS D'HISTOIRE DE L'ART A PARIS

 

 Après les portes de la ville de Nancy, le professeur d'histoire de l'art de l'Association Sportive et Culturelle de Saulxures, Geneviève COURTMONTAGNE, emmenait ses élèves avec éventuellement leur conjoint à Paris à la découverte des places royales. Nous étions une dizaine à nous retrouver pour suivre notre guide à travers la capitale.

 Nous avons donc pris le TGV-est, récemment en service, à 7h15. Une heure et demie plus tard, nous arrivions déjà en gare de l'Est à Paris. Ainsi la durée du voyage de Nancy à Paris était-elle diminuée de moitié ! On devait certes s'en réjouir, mais je regrettais presque les trois heures de trajet qui me permettaient naguère à la fois de rattraper un peu de sommeil et de lire plusieurs chapitres d'un roman...

 Arrivées à proximité du lieu de rendez-vous bien avant l'heure convenue, nous en avons profité pour prendre un petit déjeuner à la terrasse d'un café du Pont Neuf.

 

                              

A gauche, le Pont Neuf (fin XVIe siècle).

Au centre, la Samaritaine, fondée par la famille Cognac-Jay, ainsi nommé à cause de la pompe élévatrice qui se trouvait à cet endroit.

A droite, le Louvre

 

Rappel du professeur et guide : pour qu'une place puisse prétendre à l'appellation royale, elle doit remplir deux conditions : la statue royale et l'ordonnancement (façades identiques pour satisfaire l'unité architecturale). Le concept est d'origine française. La Place Dauphine, construite en l'honneur du Dauphin, soit le futur Louis XIII, située sur la pointe de l'île de la Cité à proximité du Pont Neuf, répond à ces deux exigences, même si la statue du roi Henri IV est excentrée.

          

Henri IV, du haut de son cheval, regarde vers la Place Dauphine. Terminée en 1610, il ne l'a cependant pas vue finie. Les bâtiments, de brique et de pierre, s'élèvent sur trois niveaux. Au XVIIIe siècle, cette place a failli voler en éclats pour en construire une plus spacieuse.

 

              

De la place Dauphine, nous partons à pied par la rue de Harlay où se trouve le Palais de Justice (1ere photo). Puis nous empruntons le quai de l'Horloge et longeons la Conciergerie (2e photo). Le quai de l'Horloge est dominé par 4 tours qui permettent, malgré leur réfection, d'évoquer l'enceinte du Palais construite sous Philippe le Bel. La première est la tour Bonbec (3e photo), puis viennent deux tours jumelles et enfin une tour carrée (4e photo) qui accueillit dès le XIVe siècle une horloge construite par Henri de Vic, un horloger lorrain. Ce fut la première horloge publique de Paris. Le cadran a été refait sous Henri III par Germain Pilon. Il est entouré par deux statues de la Loi et de la Justice.

 

Poursuivant notre chemin le long de la Seine, nous apercevons sur la rive droite la Tour Saint-Jacques et la place du Châtelet. Nous croisons le Pont au Change et le Pont Notre-Dame avant d'arriver Quai de la Corse.

               

(cliquer sur chaque photo pour les agrandir puis sur Précédente de votre navigateur pour revenir dans le reportage. Ne pas cliquer sur la croix rouge en haut à droite car cela ferme le reportage).

Nous longeons successivement les façades du Tribunal de Commerce (1ere photo) et de l'Hôtel-Dieu (2e photo), le plus vieil hôpital de Paris dont les dernières modernisations datent du II Empire. Rive droite, vue sur l'Hôtel de Ville avec la statue d'Etienne Marcel, prévot des marchands sous Charles V (3e photo). Construit à la Renaissance, incendié sous la Commune, il fut reconstruit en style néo-Renaissance par Ballu. L'Hôtel de Ville domine l'ancienne place de grève, ainsi dénommée parce que c'était le rendez-vous des ouvriers sans travail, d'où l'expression faire la grève. Nous traversons la Seine par le Pont d'Arcole et continuons notre chemin Quai de l'Hôtel de Ville puis rue de l'Hôtel de Ville. Sur notre gauche, derrière un petit square, nous découvrons l'hôtel d'Aumont (4e photo). Nous longeons l'hôtel de Sens (5e et 6e photos) de la fin du XVe siècle, ancienne résidence des archevêques de Sens qui abrita au début du XVIIe siècle la reine Margot et devint un lieu de fête galantes. Il abrite aujourd'hui la bibliothèque Forney consacrée aux arts graphiques et décoratifs.

 

A proximité de la rue des Jardins Saint-Paul se trouvent des vestiges de l'enceinte de Philippe Auguste édifiée entre 1190 et 1215. Elle englobait 272 ha et était jalonnée de tours, 40 sur la rive droite. Le rempart dont subsistent quelques vestiges dans le Paris actuel était une oeuvre remarquable : haut de 6 à 8 m, murs épais à la base de 3 m, munis d'un chemin de ronde avec parapet.

                        

(cliquer sur les photos pour les agrandir puis sur Précédent)

C'est en bordure de la rue des Jardins Saint-Paul que s'ouvrait l'hôtel Saint Pol (1ere photo) qui fut le séjour de prédilection du roi Charles V. L'hôtel fut abandonné au milieu du XVe siècle. Puis nous traversons les "jardins Saint-Paul" (2e photo) et débouchons sur la rue Saint Antoine. Ancienne voie romaine vers l'est, c'est une des grandes artères de Paris. A son extrémité se trouvait la Bastille. Au n° 62 de cette rue se trouve l'Hôtel de Sully (3e photo) avec ses superbes façades (4e photo façade principale avec les statues symbolisant l'automne et l'hiver), l'escalier (5e photo), le plafond de la bibliothèque (6e photo) et le jardin (7e photo). Au fond du jardin se trouvent le jeu de Paume et l'Orangerie.

 

Nous arrivons Place des Vosges. Initialement appelée Place Royale, elle prend son nom actuel en 1800.      

Contemporaine de la Place Dauphine, elle contient en son centre une statue de Louis XIII (1ere photo). Située à l'époque à l'extérieur des murs de la ville, la place a été fondée par Henri IV (3e photo) pour dynamiser l'économie. Auparavant se trouvait à cet endroit l'hôtel des Tonnelles. Suite à la mort de Henri II au cours d'un tournoi, Catherine de Médicis fait raser l'hôtel. On crée alors une manufacture de draps et des bâtiments autour de la place. Elle ne devient vraiment royale qu'en 1639 avec l'érection de la statue. C'était une place commerçante avec des boutiques et des galeries (4e photo). Puis la manufacture périclite car elle ne peut concurrencer celles de Milan. Alors la place devient aristocratique. C'est une place fermée à l'écart des axes de circulation. Mais une place royale étant par définition publique, le square n'est pas privatisé comme le demandaient les riverains. On compte 36 pavillons (9x4) de même élévation mais de hauteurs différentes pour les pavillons du roi (2e photo) et de la reine qui se font face. Le couple royal n'habitait cependant pas là. On peut aujourd'hui visiter ici le musée Victor Hugo.

 

Sur le chemin vers la station de métro qui nous mènera vers le Palais Royal, nous découvrons une synagogue art nouveau (1ere photo) dans le quartier juif, à proximité de la tristement célèbre rue des Rosiers.

   

Arrivés à la station Palais Royal, Geneviève Courtmontagne nous donne rendez-vous dans la cour du Palais Royal (qui fut un lieu de résidence de Colette) où se trouvent les très controversées colonnes blanches et noires de Daniel Buren (2e photo). Puis nous nous séparons pour aller déjeuner, d'un sandwich dans le parc ou d'un léger repas dans une des nombreuses brasseries alentour. Monique et moi apprécions vivement cette halte après ces quelques heures de marche à un rythme soutenu. Monique doit rester en arrière pour pouvoir prendre des photos avant de rejoindre le groupe au pas de course !... Une heure et quart plus tard, tout le monde est au rendez-vous pour poursuivre notre découverte des places royales. Notre guide nous propose un petit détour par la cour du Louvre où sont exposés les originaux de deux sculptures : les quatre esclaves enchaînés (3e photo) qui se trouvent au pied de la statue de la Place des Victoires et les chevaux ailés (4e photo) de la Place de la Concorde.

 

              

La Place des Victoires date de la fin du XVIIe siècle avec la particularité d'être le fruit d'une initiative privée : celle du Maréchal de la Feuillade. A l'origine, la place avait en son centre une statue en pied de Louis XIV avec à ses pieds les quatre esclaves qui se trouvent dorénavant dans la cour du Louvre (voir plus haut), représentant les nations vaincues. Au XIXe siècle, la statue est remplacée par une autre montrant Louis XIV à cheval (1ere photo). Contrairement aux autres, cette place n'était pas ouverte. Son diamètre mesure 80 mètres. Cette place répond aux exigences de la convenance, c'est-à-dire aux règles de ce qu'il convenait de faire quant aux dimensions de la statue qui ne devait être ni trop petite ni trop grande. Cette place ne doit pas son nom aux victoires sur des nations, mais à l'église des victoires toute proche. Elle a également cette particularité de chevaucher deux arrondissements de la capitale.

Lors de son inauguration en 1686, aucun immeuble n'est encore construit. Pour la cérémonie, des toiles peintes représentant les futurs bâtiments sont donc tendues sur des madriers. Les façades sont incurvées (3e photo) et décorées de mascarons (4e photo) et la brique a disparu. Contrairement à la Place des Vosges dont les ferronneries ont été aménagées plus tard par les aristocrates, celles de la Place des Victoires (2e photo) existaient dès son origine. Cette place aristocratique fut abandonnée en 1960 avant d'être progressivement restaurée après l'installation de boutiques de luxe. On note quelques petites différences dans les façades, dues à l'intervention de plusieurs maçons.

 

                    

Dans la rue des petits-Champs, aux numéros 8-10, se trouve l'hôtel Tubeuf du XVIIe siècle, en brique et pierre (1ere et 2e photos). L'hôtel est acheté et agrandi par Mazarin. A l'intérieur, notamment la galerie Mazarine décorée par Romanelli. La compagnie des Indes y siègera au XVIIIe siècle. Cet hôtel fait partie de la Bibliothèque nationale et accueille aujourd'hui le cabinet des cartes et plans de Paris et des estampes.

A l'angle de la rue sainte Anne se trouve l'hôtel Lulli (pas de photo car notre guide laissait peu de temps à Monique, mon fidèle photographe, pour réaliser ses clichés...) L'architecte de cet hôtel, Daniel Gitard, est un grand oublié de l'histoire de l'art. Il s'est vu préférer le Vau pour Vaux le Vicomte et il est, avec Lenôtre, le vrai créateur des jardins de Vaux. C'est la première utilisation d'un ordre colossal sur une façade classique. L'hôtel date de 1671 et le modèle sera ensuite récupéré par J.H. Mansart.

Un peu plus loin, vue sur le marché saint Honoré (3e photo), oeuvre de Ricardo Bofill en 1997.

 

         

La place Vendôme (1ere photo) est le fruit d'une réfection publique de Louis XIV pour une grande place avec des bâtiments importants, comme une bibliothèque, pour attirer de riches investisseurs. Le projet était très ambitieux. Les travaux commencent puis stagnent. Repris plus tard, le résultat sera beaucoup plus modeste. La place était fermée avec un seul axe central de circulation. Les bâtiments de cette place présentent la même élévation que ceux de la Place des Victoires, mais avec un ordre corinthien (3e, 4e, 5e, 6e et 7e photos) et non ionien et des ferronneries avec des dorures (8e photo) qui rappellent celles de notre Place Stanislas. La Place Vendôme est octogonale avec en son centre une colonne de 44 m (2e photo : détails) surplombée d'une statue en pied de Napoléon qui a remplacé la statue équestre de Louis XIV haute de 16 m. En sortant de la place, une étonnante représentation art déco du Roi Soleil... (9e photo).

 

        

La Place de la Concorde (1ere photo), clin d'oeil à la Seine et ses bateaux, est le résultat d'un concours lancé en 1745 pour la conception d'une statue de Louis XV, dit le Bien-Aimé. Plus de 90 projets sont proposés. Le roi donne lui-même une de ses terres, un terrain vague à l'extrêmité du Jardin des Tuileries. Cette place était dédiée à Louis XV dont elle portait le nom. On s'inspira à l'époque de la Place Royale de Nancy pour créer cette place avec au centre la statue et les fameux chevaux ailés de Marly (2e photo) dont les originaux se trouvent au Louvre (voir plus haut). La place était délimitée par des fossés (3e photo : la balustrade indique la délimitation et les routes actuelles ont remplacé les fossés de naguère). Un seul côté comporte des bâtiments (l'hôtel Crillon, un des plus grands hôtels de la capitale et l'Hôtel de la Marine, siège de la Marine française). Sur les trois autres côtés : la Seine, les Champs Elysées et les Tuileries. La place devient la propriété de Paris en 1828. L'obélisque actuel (hauteur 23 m - poids 20 tonnes), vieux de plus de trois cents ans et originaire du temple de Thèbes à Louxor, est un cadeau offert en 1831 par le souverain d'Egypte.

Au XIXe siècle, la place est restaurée. Jacques Hittorff l'aménage avec des candélabres (4e et 5e photos) et des fontaines dont l'une est la fontaine des fleuves et l'autre la fontaine des Mers (6e, 7e, 8e et 9e photos)

 

Enchantées mais fourbues, Monique et moi prenons le métro en direction de la gare de l'Est. Nous avons un peu d'avance et en profitons pour prendre un rafraîchissement à une terrasse du hall. Après un hilarant épisode de gavage de moineaux sous les yeux horrifiés d'une "Cruella" aux lèvres en lames de rasoir, nous avons rejoint nos places dans le TGV-Est de 19h15. Hélas ! ces bonnes gens de la SNCF n'ont eu aucune pitié pour nos pauvres jambes car nous avons encore dû arpenter la longueur totale et interminable du quai au pas de charge pour atteindre la bonne voiture. Ce qui fit dire à Monique, qui se laissa tomber sur son siège avec un soupir de soulagement, qu'on ne devait pas être loin de Nancy. Comme quoi la fatigue n'empêche pas l'humour !

20 juin 2007

 

 

 Toutes les photos de ce reportage ont été réalisées par Monique Colin  

 

 

Isabelle Chalumeau (écrivain public)

ZAZ-ECRITOIRE

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Tel : 06.70.35.05.76

courriel : isabelle.chalumeau@wanadoo.fr et ichalumeau@free.fr

Sites : www.toutnancy.com/toutecrire et http://ichalumeau.free.fr