ILE DE LA REUNION .PRO

LES ICONES DE M. & MME HACHET


 

LES ICONES DE FRANCOISE ET PIERRE HACHET

 

Pierre Hachet peint des icônes depuis vingt-cinq ans, après un séjour dans une abbaye. Son épouse, Françoise, a appris l'iconographie à ses côtés.

 

Contrairement aux idées reçues, la Russie n'est pas le berceau de l'iconographie qui est née dans les pays arabes puisque le Christ naquit en Palestine d'où partirent ses apôtres. Ils ont fait le tour du bassin méditerranéen jusqu'en Turquie. De là, ils ont ensuite converti la Russie et les pays slaves. En Russie cependant, l'icône fut à un moment donné un élément d'unité nationale. Depuis que les Russes ont à nouveau le droit d'exercer leur religion, on observe un renouveau religieux extrême. Les églises sont toujours pleines et on repeint des icônes dans des écoles.

 

Peu d'icônes datant du Ve au Xe siècle subsistent aujourd'hui suite à la crise iconoclaste durant laquelle de nombreuses icônes ont été détruites et leur diffusion interdite. Les icônes les plus anciennes se trouvent au Sinaï ; après l'important schisme des premiers siècles de la chrétienté, les moines partirent dans le désert pour s'abriter des invasions et des persécutions musulmanes.

 

Avec les croisades, beaucoup d'icônes sont arrivées en Europe occidentale alors qu'elles n'étaient plus dans notre liturgie. Les Croisés ont découvert ces images qu'ils trouvèrent très belles. Des ateliers ont travaillé uniquement pour les Croisés et pour répondre à leur sensibilité, les artistes ont par exemple représenté Saint Nicolas en costume d'évêque de l'Eglise de Rome. Sur certaines icônes, on trouve des mots latins, toujours pour répondre à la demande des Croisés.

 

Une icône peut être aussi bien peinte sur du bois que sur un mur. C'est la même théologie et cela obéit aux mêmes critères. Dans toutes les églises orthodoxes, il n'y a pas un centimètre carré qui ne soit pas peint. Dans l'Eglise orthodoxe, on attribue beaucoup d'importance à ce qui est peint et dessiné pour entretenir la foi. Chez les orthodoxes, on dit la messe derrière l'iconostase. Ce qui est sacré est ce qui est peint sur les murs. Les croyants, dans une église orthodoxe, vont directement vers une icône qu'ils embrassent, ils font des offrandes et une prière. S'il est possible pour un prêtre catholique de célébrer l'eucharistie dans une prison, sur le coin d'une table avec un peu de vin et du pain, cela est impensable pour les orthodoxes qui ont besoin d'une ambiance. Il existe une différence d'esprit et de rites. L'Eglise catholique redécouvre progressivement les icônes qu'elle n'aurait jamais dû oublier. Car lorsque les règles ont été fixées, elles concernaient toute la chrétienté ; il n'y avait ni orthodoxes ni catholiques. Mais si l'iconographie s'est surtout développée en Orient, on essaie aujourd'hui de l'importer de nouveau dans l'Eglise catholique. Les prêtres cependant ne sont pas encore formés à cela, même si certains y sont très sensibles.

 

Dans les pays qui ont été soumis à une oppression ottomane ou musulmane, on ne trouve plus guère d'icônes portatives, elles ont été détruites. Mais en Bulgarie, par exemple, les églises sont peintes du sol au plafond.

 

Les sujets des icônes se sont enrichis au fur et à mesure des conciles qui posaient les dogmes. Suite à des abus dans l'interprétation de la parole de Dieu, les images devenaient un peu folkloriques. Il a donc fallu fixer des codes et le costume des principaux personnages afin que les croyants, où qu'ils aillent, sachent identifier les personnages. On reconnaît donc toujours la Vierge par son vêtement pourpre.

 

Une icône n'est pas un tableau que l'on accroche au mur pour faire joli. Elle est la présence de la personne que l'on invoque, que l'on prie et que l'on veut imiter puisque l'aspiration du croyant est de devenir un saint et de mériter l'amour de Dieu.

 

Certaines icônes sont des créations, comme ci-dessous St Nicolas. Evidemment, cette icône n'est pas dans la tradition orthodoxe puisqu'il s'agit d'un thème catholique. Certaines icônes sont complètement inventées, mais toujours, canoniquement, dans l'esprit du dogme. D'autres sont des interprétations de passages bibliques. Mais toujours dans le respect des règles. L'iconographie est un monde.

 

Nous nous fournissons chez un ébéniste qui ne fait que du bois d'icône dans le Sud de la France. La planche est en tilleul. Au commencement, les icônes étaient peintes sur du bois indigène, bouleau, cèdre. Seuls les résineux ne sont plus du tout utilisés car ils sont abattus, débités et livrés sans temps d'attente pour évacuer la résine. Il y a un long travail de préparation de la planche ; on commence par la scarifier profondément pour que tout ce qu'on mettra dessus s'imprègne. Puis on encolle, on maroufle une toile, on encolle à nouveau puis on applique une douzaine de couches d'enduit à base de colle de peau de lapin et de blanc de melon. Ensuite on ponce longtemps pour que la planche devienne comme du marbre, car l'or n'a que quelques microns d'épaisseur et le moindre défaut se verrait. Il faut donc que le support soit très lisse.

 

(Propos recueillis auprès de Françoise et Pierre Hachet)

 

Vierge de la Passion

L'enfant s'effraie en voyant les Anges portant les instruments de la Passion. Il prend la main de sa mère et perd sa sandale. D'après Emmanuel Tasne. 1696

L'hospitalité d'Abraham

D'après l'icône de Gouri Nikitine 1690. Collection Bondarenko, Russie.

Adam nomme les animaux

D'après une fresque de St Nicolas des Météores, Grèce.

L'Arche de Noé

Inspiré d'un manuscrit bourguignon du 15e siècle.

La sainte rencontre

Cette icône est celle que les chrétiens orthodoxes offrent à l'occasion du mariage, emblème de la prospérité et de la fécondité que Dieu dispensera au nouveau foyer... Elle rappelle l'histoire rapportée dans les Evangiles apocryphes, selon laquelle Joachim et Anne, mariés depuis vingt ans et stériles, après s'être imposé l'épreuve d'une séparation pendant laquelle ils se sont consacrés à la prière, ont reçu de Dieu la promesse d'un enfant malgré leur âge, en récompense de leur fidélité, de leur amour et de leur foi. L'icône représente le moment où ils se retrouvent et se manifestent leur tendresse. L'enfant qui naîtra de ces retrouvailles est la Vierge Marie.

Annonciation

D'après les fresques de l'église St Nicolas du monastère des Philantropinons, Ioanina, Grèce, 16e siècle.

Nativité

D'après une icône de Ste Catherine du Sinaï, écrite par un Vénition, 1258.

Nativité et scènes de la vie de Vierge

D'après un devant d'autel par le Maître d'Avila, fin 15e siècle. Musée d'art catalan de Barcelone, Espagne.

Saint Jean-Baptiste

D'après une icône de la seconde moitié du 16e siècle provenant de la chapelle de l'église de la Trinité de Saint Nicolas de Pskov, où on la signale en 1676, entrée au Musée de Pskov en 1935, Russie.

Passion du Christ et scènes de la vie de la Vierge

D'après un dyptique copte-éthiopien du milieu du 18e siècle. Collection particulière.

Christ Pantocrator

D'après les mosaïques de la cathédrale de Céfalu, Sicile.

Saint Nicolas de Myre

D'après une icône ukrainienne du début du 17e siècle, église St Nicolas de la rive, Kiev, Ukraine.

Saint Nicolas des Lorrains

Scènes de la vie.

(Création Pierre Hachet)

Saint Nicolas

La légende des trois enfants mis dans le saloir par le boucher.

(Création de Pierre Hachet).

Triptyque de l'Apocalypse

(Création Pierre Hachet)

Triptyque du reniement de Saint Pierre

(Création Pierre Hachet)

 

 

   

 Françoise et Pierre Hachet exposeront à la salle Poirel à Nancy du 24 novembre au 16 décembre 2007.

 

 Toutes les photos de ce reportage ont été réalisées par Monique Colin  

 

 

Isabelle Chalumeau (écrivain public)

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