ILE DE LA REUNION .PRO

Le Trio Catalina à la redécouverte du Jazz


Le Trio Catalina à la redécouverte du Jazz

Les 16 et 17 novembre derniers, le Barnum a offert un prestigieux cadeau aux noctambules nancéiens.
Face à un public hétéroclite, le Trio Catalina, groupe autochtone de jazz, a envahi le bar de ses rythmes bossa. Les spectateurs médusés sont restés pantois pendant toute la durée du concert ; la clientèle du Barnum s'est peu à peu transformée en auditoire consciencieux. On retrouve bien là l'objectif du Trio Catalina : faire que le jazz et un public peu habitué à cette musique se rencontrent inopinément. Et ça marche comme un coup de foudre...



Samedi soir, les premières âmes de sortie commencent à arriver au Barnum. On vient ici pour boire un verre, tranquillement, avant de partir pour d'autres contrées. Ce soir là, le Trio Catalina, au fond du bar, procède aux derniers réglages des instruments avant d'entamer ses premiers morceaux. Le brouhaha de la salle laisse progressivement place aux premières notes qui émanent de la guitare, de la basse et des percussions. A partir de ce moment là, l'endroit ne désemplira pas. Ceux qui étaient de passage finalement s'éternisent, les conversations s'arrêtent naturellement et ceux qui refaisaient le monde autour d'un verre se laissent spontanément porter par la mélodie. Les amoureux du jazz s'en donnent à coeur joie, les non initiés sont ébahis.
Ensorcellement général au Barnum ?

Olivier Beche à la basse, Yvon Susini à la percu et Nathanaël Briegel à la guitare sont tous issus de formations musicales différentes ; le Trio Catalina est un plus. Ce groupe initialement créé par Nathanaël et son frère Cyril (tout deux jouent ensemble dans Briegel Bros Band) est un concept pour le moins original. Il s'agissait de mettre en place une formule de standards de jazz pour jouer dans des petits lieux type bistrots, afin de rendre ce trésor musical accessible au plus grand nombre, et pourquoi pas, séduire ceux qui n'en écoutent habituellement pas. "Le jazz souffre d'une idée reçue qui perdure. Les gens imaginent les concerts de jazz comme des lieux guindés. On imagine que c'est une musique compliquée et qu'il faut être connaisseur pour l'aimer. Avec le Trio Catalina, on veut sortir des classiques du jazz considérés comme trop monotones pour ceux qui n'écoutent pas cette musique.

Pour aller au-delà de cette image négative, on a choisi de reprendre des morceaux aux influences latines et brésiliennes, que tout le monde connaît, et de les réadapter en jazz. Jouer uniquement des reprises est un choix complet, pour le côté populaire" explique Nathanaël. Le public aime la musique vivante ; il a envie de voir de vrais musiciens jouer, dans des bonnes conditions. Cette alchimie entre le groupe et la salle provoque une ambiance telle que les clivages musicaux entre les spectateurs s'estompent.
"Les musiciens doivent s'approprier le lieu, et un lieu comme le Barnum s'y prête bien. Ce genre d'endroit est rare. Il faudrait davantage de bars ou de clubs dans lesquels pourraient se produire des groupes. Ce concept est viable car il existe un public pour ce genre de concerts" poursuit Nathanaël.

Déséquilibre entre la demande du public, les moyens déployés pour permettre des manifestations artistiques... on ne peut faire abstraction de l'actualité des intermittents du spectacle, actualité qui dure...qui dure... Mais pour Nathanaël, le succès rencontré ce soir témoigne du malaise généralisé dans la profession. Comme il l'explique, la musique, comme tout autre discipline culturelle, est essentielle. Le public est là, mais le monde du spectacle va-t-il durer ? Sans tomber dans l'extrême, mais au contraire très lucide, Nathanaël ne peut s'empêcher d'en toucher un mot.

Jeudi 15 novembre il était avec une centaine d'autres intermittents dans les rues de Nancy pour revendiquer ses droits. "Cela fait maintenant 10 ans que nous n'avons pas de statut fixe. A chaque fois les intermittents du spectacle doivent redescendre dans la rue pour que leur statut soit prorogé six mois de plus. Nous, on voudrait avoir un statut pérennisé sur 5 ou 10 ans. En 2001, avec la création du PARE, les intermittents ont été oubliés car ils sont considérés comme des nantis trop chers pour la société. Un salarié "normal "qui recherche un emploi va envoyer 50 CV, et sur ces 50 envois, avec un peu de chance il obtiendra un CDI à temps plein. Nous (les intermittents),devons envoyer et "faire le suivi"d'une vingtaine de Dossiers (CDs, Press-Books) pour décrocher un seul contrat mais qui ne dure en général qu'un jour, (l'économie du Spectacle fonctionne ainsi). Il nous faut donc renouveler l'opération une bonne cinquantaine de fois, si l'on veut assurer un minimum de 43 cachets déclarés par an, soit 507 heures pour pouvoir prétendre aux indemnités de chômage. Tout cela fait partie intégrante de notre métier de musicien, tout comme le temps passé à travailler son instrument et à répéter les spectacles,ces fameuses 507Heures ne sont en fait qu'une infime partie "visible" de notre activité. Les temps sont durs, il y a une vraie crise de l'emploi dans le secteur du spectacle, la concurrence est rude et souvent déloyale (travail au noir). réunir les 43 cachets fatidiques est de plus en plus difficile alors qu'on ne demande pas mieux que de travailler plus. Vous avez dit NANTIS?

Quoiqu'il en soit, pas question de se laisser abattre ! Jouer dans des petits endroits comme dans des bars n'a rien de dégradant. Même si chacun des membres du Trio Catalina poursuit une carrière internationale avec son groupe respectif, la volonté de se rapprocher d'un public plus populaire et de faire descendre la musique dans la rue rejoint ce même esprit de revendication qu'affiche Nathanaël. La musique est faite par et pour le peuple et il n' y a aucune raison que ça change...

"Tout un pan de l'économie de notre pays comme le tourisme et l'industie du loisir repose sur la culture.Celle-ci génère des benefices considérables. L'image culturelle d'une ville, d'une région, d'un pays est aussi porteuse de qualité de vie.La diversité culturelle est garante de le démocratie d'une nation ."


URGENT :
Nathanaël Brielgel recherche un(e) Régisseur Spectacle, personne bilingue susceptible de prendre en charge la recherche et la gestion des contrats pour les formations suivantes : Briegel Bros Band, Trio Catalina et 4 Guitars only).
Contactez Nathanaël au 06.83.17.86.52






Preuve d'un grand professionnalisme, le terrible accident survenu en début de concert n'a pas empêché le Trio Catalina de poursuivre.

Au passage, un grand remerciement à Ulysses qui a gentiment prêté sa guitare, celle de Nathanaël n'ayant pas supporté la chute fatale dont elle fut la victime...



Julie Marchal
Ulysses à la photo
Isa et José aux briquets...