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ALBERT SELLEM : UN LIVRE POUR UN DEPAYSEMEN


ALBERT SELLEM : UN LIVRE POUR UN DEPAYSEMENT GARANTI


Taj Mahal

 


Enfants du Ladakh dans le nord de l'Inde


Albert Sellem appartient à la race des baroudeurs et des vrais... De 1994 à 1999, durant trois ans et demi (il a fait une pause d'un an), il a parcouru le monde, de l'Amérique du Sud à l'Amérique du Nord, en passant par l'Extrême Orient ou l'Asie. Un périple ponctué de rencontres, d'expériences, de moments de vie qu'il livre dans "Comme un Ange sur la Route". Quatre nouvelles font de ce livre une incitation, voire une invitation au voyage... Pour vous mettre l'eau à la bouche, Albert Sellem propose en ce moment de télécharger deux de ces nouvelles sur son site.

 

Le goût du voyage, on l'a ou pas... Albert Sellem avait ça dans le sang... Agent SNCF depuis l'âge de 17 ans, il a bien profité des avantages de cette place pour découvrir l'Europe, "je me suis retrouvé avec la carte nationale, et après avec la carte internationale"... il a donc bougé que ce soit en France, dans des festivals comme Le Printemps de Bourges, mais surtout dans les grandes capitales comme Berlin, Amsterdam, Bruxelles, Prague, Vienne, Dublin... pour voir U2 en concert chez eux.
Pourtant, passé quelques années, l'Europe n'est plus assez vaste pour Albert Sellem qui ressent le besoin irrésistible de partir à l'aventure. "J'ai toujours dit que je voyagerais, le quotidien, ça me cassait... je me suis dit allez hop soyons acteur de notre vie", raconte-t-il. L'aventure, ça se prépare quand même un minimum, alors il ne s'est pas non plus décidé sur un coup de tête. "Ca faisait longtemps que j'y pensais... on peut avoir de la thune, le temps et ne pas partir... et moi je me suis retrouvé avec de l'argent et voila", explique-t-il. Albert Sellem ne tient plus, il a soif de voir autre chose, comme cela arrive a tout le monde, sauf que lui va jusqu'au bout de ses envies, "j'avais une véritable motivation : aller voir ailleurs, envie de m'exposer, d'aller voir la planète et ses dangers aussi... si je ne le faisais pas, je m'en serais voulu." Le voyage pouvait donc commencer avec une certaine appréhension, "j'avais les pétoches. Je me souviens à l'aéroport, je me demandais ce que je faisais là...tu as tout qui défile dans la tête, je plaque mon boulot, mes copains.... Je suis même allé vomir aux WC... ", se rappelle-t-il. Assuré de récupérer son travail à son retour, Albert Sellem pouvait partir plus tranquille et sans se fixer de but précis, "c'est mon voyage, j'assume complètement, ma seule béquille, c'est mes rêves..."

Albert Sellem

Le Dalaï lama lors d'une audience publique à Macleod ganj

 

L'Amérique du Sud n'a bientôt plus de secret pour Albert Sellem qui atterit d'abord à Buenos Aires avant d'arpenter la Colombie ou bien encore le Pérou. Il n'est d'ailleurs pas le seul à voyager de la sorte, "j'ai rencontré des gens au Brésil, je les ai restrouvés sept ou huit mois après en Bolivie, on s'est donné rendez-vous l'année d'après...", raconte-t-il. Finalement, ils se sont ratés, mais se sont revus à un autre endroit à un autre moment. Et puis, Albert Sellem a aussi eu le privilège, au cours de ses multiples déplacements, de se retrouver en présence du Dalaï lama, rien que ça. Il aura le temps de se remettre de cette première étape dans ces périgrinations... Il rentrera en France au bout d'un an pour reprendre son boulot et gagner à nouveau de l'argent. Le deuxième départ annonçait encore plus de dépaysement. Effectivement, ce fut le cas...

D'autres pays, d'autres traditions, d'autres peuples... et des différences purement matérielles, en Thaïlande ou en Malaisie "j'avais toujours de l'argent, l'Asie c'est tellement pas cher" . Albert Sellem s'est aussi offert le "luxe" de rester six mois en Australie, plus précisément à Sidney où il s'est essayé à divers petits jobs : pizzaiolo, plongeur... il est passé aussi par la distribution de flyers dans des concerts comme celui de Tina Arena ou de Silverchair, pour ne citer que ceux-là. A propos de Silverchair d'ailleurs, il se souvient, "c'était à l'époque grunge, je les découvrais. Au concert, la moyenne d'âge n'était pas très élevée, les gosses avaient 14-15 ans et quand je suis sorti de la salle de concert, j'ai vu plein de voitures avec les parents qui venaient chercher leurs enfants." Rencontrer et parler avec Albert Sellem revient à passer d'anecdotes en anecdotes toutes aussi variées et réjouissantes sur son aventure. "C'est une façon de voir le monde, de se rendre compte de la richesse et du patrimoine de l'humanité" assure-t-il. Amateur d'archéologie, il a été servi, il a pu apprécier des temples célèbres et prestigieux comme celui de Karnak en Egypte ou celui d'Angkor au Cambodge. L'Amérique du Nord, dernière étape de son voyage, lui réservait encore de belles surprises. Bien décidé à ne rester à Las Vegas que quelques jours, Albert Sellem s'y sent finalement bien et y vivote pendant un mois en travaillant dans un hôtel de routard. Comme quoi ! "J'ai tellement accroché, c'est mon côté paradoxal, j'aime bien la nature et le monde, cette ville tient tellement du
domaine du rêve, ça vit seulement à partir de 18 heures
", se souvient-t-il. La nature, il en aura quand même profité sur ce continent en assistant, par exemple, à la reproduction des baleines, si si... Tout a une fin, et le rêve d'Albert Sellem s'est arrêté pour de simples raisons financières, "je me suis retrouvé sans fric, il me fallait de la nouveauté, ma dernière soirée, je l'ai passée au Chicago Blues Bar sur la huitième Avenue". New York, on a vu pire comme fin...

 

Résultat : 130 pages de récit

"Comme un Ange sur la Route" retrace donc les péripéties d'Albert Sellem à travers le monde. Ecrire lui est semble-t-il venu très naturellement, "lors de mon premier voyage en Amérique du Sud, j'avais fait un carnet de voyages, c'était un mélange de ce que je vivais, des impressions, des anecdotes... je l'ai fait lire à mon entourage à mon retour, et ça a plu", explique -t-il. Dans le cas de "Comme un Ange sur la Route", le projet était plus ambitieux avec la volonté d'intégrer ses souvenirs autobiographiques à une écriture romancée. "J'ai essayé carrément d'inventer une histoire, j'ai écrit pour quelqu'un d'imaginaire, j'ai créé des personnages", moyen efficace pour que le lecteur rentre facilement dans le récit..

Un avant propos, histoire de se mettre dedans, joue avec un accrostiche sur le mot "voyage", véritable leitmotiv d'Albert Sellem, "une idée du voyage,une philosophie". Logique de débuter ainsi. Ensuite quatre nouvelles nous entrainent, chacune avec son atmosphère particulière, dans des contrées lointaines. La principale nouvelle , qui porte le nom du livre, suit le parcours de Gabriel en Thaïlande. "Au départ, j'ai écrit une chanson, "les anges sur la route"...mais tout ce que tu veux écrire ne rentre
pas dans une chanson, c'était d'abord une nouvelle de 30, 50 pages, et puis il fallait mettre un terme, 100 pages c'était bien.
" Les trois autres nouvelles, toutes bien différentes dans la narration, sont autant de bons moments. "Kassol" se situe dans un petit village indien et nous fait partager une soirée de fête organisée par de jeunes voyageurs, artistes à leurs heures perdues. "San Pedro" est le résultat d'un délire sous l'influence d'une potion extraite d'un cactus et nous emmène entre Inde et Equateur. Enfin, "En suivant les anges" est une sorte de résumé du voyage autour du monde d'Albert Sellem, mais écrit sous la forme "d'une petite intrigue, avec un journaliste en panne d'inspiration qui rencontre une personne qui a voyagé", explique-t-il. On ne se remet pas facilement d'une telle aventure et écrire a fait visiblement plus que du bien à Albert Sellem, "je me sens en paix avec moi même..."


Chutes d'Igassu à la frontière entre Brésil et Argentine

14/11/2002
Erica Walter

 



Disponible à la librairie l'Autre Rive à Nancy et à la librairie Quantin, à Lunéville (Rue de la République)
Sur le site http://www.laplaie.com/beral/

deux nouvelles à télécharger : "Kassol" et "San Pedro" + des photos et d'autres textes (participation au concours littéraire pour le Royal) d'Albert Sellem. A venir des chansons.