ILE DE LA REUNION .PRO

Melmak Maniak


Melmak Maniak


La CIA était sur le coup, Pradel l'a tenté, la NASA a déclaré forfait. Depuis quasiment deux ans, aucune nouvelle des deux agités de Melmak Maniak... à croire que finalement, les deux adorateurs de Alf et de la Tanner family ont été victimes d'un complot intergalactique.
Melmak Maniak, groupe de deux individus donnant dans le rock-techno-néo-house folklorique, appelez ça comme vous voudrez - ils s'en foutent puisque de toute façon ils ne viennent pas de la même planète - avait pourtant bien amorcé la chose. Naissance en 1999, Espoir Région Lorraine 2000, ouverture de La Nuit des Stars à Amnéville la même année, Tête d'affiche du Festival des Musiques Lycéennes en 2001 ... Et puis plus rien, fauché en pleine gloire, la puissance Melmak au point mort en pleine apogée, tels Jim Morisson, Bob Marley, Sid Vicous, David&Jonathan (cherchez l'intrus). La vérité est ailleurs ?
Allégresse ! Melmak Maniak fait son grand retour sur scène. Alors, qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Petite mise au point en exclu sur TNC, avec MaTh, une moitié du binôme.


Pour ceux qui connaissaient déjà le groupe, Melmak Maniak, c'était deux zouaves, MaTh et Jullian -alias PrEdA- qui défiaient les lois de l'attraction sur scène au grand damn d'un public proche de la crise d'épilepsie. MaTh aux machines, PrEdA à la guitare pour un résultat non identifié jusqu'alors et qu'on qualifia de techno-rock, car en proie à la société de consommation, il faut bien nommer les choses, sinon on est perdus. Expériences sonores, défi lancé à l'ouïe mais souci de l'orchestration afin d'obtenir une homogénéité audible. Bref, Melmak Maniak c'était des beats techno suprêmes et des riffs de guitare musclés. Et si un concert de Melmak Maniak c'était bien une décharge BPMique électro-électrique, c'était surtout un énorme spectacle, une prestation quasi athlétique assurée par seulement deux musiciens un peu nerveux. Voilà ce qu'il fallait retenir de la formation Melmak Maniak du siècle dernier. Un groupe lorrain dont la presse a pas mal parlé et propulsé au rang d'éternels espoirs.

 


"C'est allé très vite" explique MaTh. "Jullian et moi, on est ensemble depuis qu'on est nés et en 96, on jouait déjà dans un groupe de rock (Désinvoltes). On a arrêté pendant environ un an et demi, période durant laquelle on a été nourris par de nouvelles influences musicales. Moi qui étais très Noir Désir, je m'étais mis à la techno ; idem pour Jullian qui était plus porté avant sur des groupes genre Pantera". Cette passion commune pour la techno a été le déclic et le besoin pour les deux cousins de rejouer ensemble se fait ressentir. MaTh achète un superbe jouet, une boîte à rythmes qu'il colle aux riffs de guitare de Jullian. Illumination ou plutôt... "L'hallucination ! " déclare MaTh. "A l'époque, on n'écoutait pas Rammstein ou Prodigy, alors on se disait qu'on avait trouvé un truc, ou en tout cas notre son" (rires). "C'est clair qu'on trouvait ça sommaire, mais ça nous faisait marrer", poursuit-il. S'ensuivent LE premier concert à L'Araignée au Plafond à Metz, la composition de 7 ou 8 morceaux et les titres et shows renommés cités plus haut. En à peine deux ans...



PrEdA

Et pourtant, d'un coup, silence radio. "On n' a jamais vraiment arrêté. On a été victimes du fait qu'à 20 ans, il faut faire des choix. A 20 ans on vit dans le rêve. C'est surtout une prise de conscience car on est sorti d'une expérience trop musclée pour des jeunes de notre âge. Quand on débute un groupe en décembre et qu'on se retrouve Espoir Régional 5 mois après, qu'on fait le Galaxie d'Amnéville dans la foulée, on se dit que ça va trop vite. On n'était pas prêts. Les choses, on ne peut les faire bien que si on s'y consacre à 100 %. Il suffit de regarder le nombre de groupes qui marchent vraiment, je crois que ça répond aux questions que tous les jeunes goupes peuvent se poser. Les groupes qui ne vendent ne serait-ce que 200 000 albums, tu les comptes sur les doigts des deux mains. Oui, ça marchait bien pour nous, mais que fallait-il qu'on se dise ? On se lance et on tente la galère dans la musique ? S'il faut à demi se prostituer pour vendre, c'est pas la peine. On sentait pas le truc à ce moment là. On aime prendre des risques mais il faut un minimum de conscience. Et au bout de 6 mois, je suis désolé, mais un groupe, quelqu'il soit, n'est pas prêt."

Aujourd'hui, les deux compères se sont concrétisés professionnellement. PrEdA au sein du M.A.I, MaTh dans le journalisme, mais nous n'en dirons pas plus, car comme on l'a déjà dit, on ne fait pas dans le pipole. Mais comme Melmak Maniak a le même effet qu'une drogue, ça leur a manqué, ils n'ont pas pu décrocher, sans que l'un ne puisse relancer l'autre. Puisqu'on ne change pas une équipe qui gagne, l'effet Melmak Maniak est une évidence et le groupe redébarque. Mais le phénomène a muté... c'est l'entrée de Melmak Maniak dans la nouvelle ère.


MaTh

"On reste toujours sur le gros son guitare, c'est ce qui donne notre côté incisif avec toujours les modulations funk et métal. Au niveau des machines, il y a un gros changement car les logiciels sont beaucoup plus performants. Maintenant on fait du son actuel. Je trouve qu'il y a peu de groupes qui osent franchement la fusion électro/acoustique. On se retrouve dans des groupes comme Rammstein qui sont selon moi de vrais acteurs de leur musique. Mais on ne veut copier personne. On n'a pas les mêmes guitares que Rammstein, ni les mêmes beats que Daft Punk. Enfin la grande modif dans cette nouvelle ère Melmak Maniak, c'est l'introduction de chants dans nos compositions, avec des textes plus ou moins engagés. Et notre grande satisfaction, c'est que les textes se marient parfaitement à notre musique. Des textes de détraqués sur une musique déglinguée". MaTh se retrouve dès lors au chant, aux platines en samples ou processeurs d'effets et à la basse. PrEdA reste à la guitare et assure les choeurs. "Nous projetons d'inclure de nouveaux instruments et de nouveaux musiciens. C'est juste un désir d'apporter des formations originales à l'occasion de gros festivals, pour créer des sets plus riches et plus complets. Mais Melmak Maniak, ça restera Jullian et moi. On est complémentaires, on s'aime (rires). C'est aussi pour ça qu'on a voulu prendre notre temps et être sûrs de ce qu'on voulait, sans foncer tête baissée et se reposer sur des acquis. Le moteur de la musique c'est le naturel. Un groupe qui se la pète, c'est un groupe incertain. ".
Musicalement, rien à redire. Ambiance fantaisiste, légère et ultra dansante avec le morceau Miaouh Cat qui fait vaguement penser à un délire Richard Gotainer électrocuté. Climat house-néo-kitsch dans Another Trip in the House. Le tout superbement servi par les machines et la vivacité des guitares, l'un ne prédominant jamais l'autre. Melmak Maniak, c'est un univers mêlant les glous glous de l'espace, un univers de dessins animés, de jeux vidéos ; des rythmes rapides, secoués, explosifs. Au sein d'un même morceau, on passe de l'électrique à l'électro "en douceur", enfin façon de parler. Ca rend joyeux, tout simplement, ça donne l'envie de se trémousser, même si on ne sait pas danser... surtout si on ne sait pas danser, puisque la musique de Melmak Maniak ne se danse pas, elle se saute (?)

"On n'est pas des vrais fous dans la vie, mais on n'est pas non plus des fils à papa. En fait, c'est notre façon de se défouler, on fait du sport sur scène. On saute beaucoup. C'est vraiment un spectacle d'ensemble. Un producteur nous a dit un jour qu'il manquait un côté sensuel au spectacle, alors que notre musique l'était. Donc on y a réfléchit et on a développé notre travail scénique".(rires)

Pour conclure, l'esprit Melmak Maniak, kesako ? " Lorsque j'écoute de la musique, j'ai besoin d'entendre un message positif, j'aime pas la musique triste. Mon truc, c'est de jouer la dérision sur certains problèmes, mais elle doit être positive. Le mal que tu ressens va te servir à te reconstruire, il faut se servir de ses blessures pour remonter. Ce que je veux dire, c'est que si t'ouvres pas ta geule, d'autres passeront avant toi". Et leur force, c'est aussi de pouvoir toucher un public très large, sans se la jouer pro tech ou pro rock ; peu de groupes peuvent se vanter de pouvoir jouer aussi bien en raves que dans des festivals.
Si t'es Melmak, gueule-le haut et fort. Alors qu'est-ce qu'on attend ?

infos Melmak Maniak sur http://www.melmakmaniak.fr.st
07/04/2003
Julie Marchal