ILE DE LA REUNION .PRO

Ghinzu - Blow


   

GHINZU | Blow

Toujours affublés de leur costard noir et de leur perruque afro, les song-warriors ont enrichi leur formation de Kris Dane, multi-instrumentiste réputé de la scène belge avec lequel ils ont signé Blow, un deuxième opus surprenant. Avec en plus des prestations scéniques hors norme, Ghinzu offre une musique contemporaine qui invite à une redéfinition radicale de la manière de faire et d’écouter de la musique.
Conversation avant les balances avec Michaël et Kris. Greg nous rejoindra ensuite.
 
   


>> Interview Nancy Jazz Pulsations

               

 

 

Vous êtes en mini-tournée en France pour présenter votre deuxième album Blow, sorti au mois de septembre. Pas mal de temps depuis votre premier opus Electronic Jacuzzi fin 2000. 
Michaël :
 Oui, en fait on a commencé à jouer fin 98. On était entrés en studio pour enregistrer 6 morceaux . On s'est dit que c'était pas mal et qu'on allait en enregistrer encore quelques-uns, et finalement, c'est devenu l' album Electronic Jacuzzi (sourires). On l'a pas mal défendu en tournée, on a fait en gros cinq ans de concerts. Et on avait d'ailleurs fait 5 ou 6 dates en France, dont une à Nancy justement pour le Nancy Jazz Pulsations en 2001 ou 2002. C'était à l'Austrasique, il y avait 20 personnes (rires). Ensuite on s'est pris une petite période de congés, notre contrebassiste est parti, il est rentré aux Etats-Unis. On a donc continué à travailler à 4 et puis finalement on avait besoin d'un 5è membre, et c'est Kris ! On s'est attelé à Blow, album pour lequel on avait plus de moyens étant en partenariat avec un studio. On pouvait disposer du studio beaucoup plus longtemps, ça a duré deux mois et demi. Mais on était toujours en autoproduction. 
     



 
 
                
               

 

 

Trois ans entre les deux albums. Vous avez eu le temps d'essuyer quelques imperfections éventuelles ? 
Michaël : 
Il y a une continuité entre les deux albums parce que les morceaux de Blow ont été composés en permanence sur toute la période où on défendait Electronic Jacuzzi en tournée. On avait commencé à jouer certains d'entre eux sur scène. En même temps, ça a été une certaine rupture car comme on était que quatre, il a fallu composer différemment. Tu vois avant il y avait une basse électrique et une contrebasse donc forcément il y avait une ossature différente des morceaux et du coup on ne savait pas trop dans quelle direction aller (sourire). On a quand même l'impression d'avoir réussi un nouvel album meilleur que le précédent. Maintenant, on a un peu de mal à écouterElectronic Jacuzzi. Mais bon, je ne passe pas non plus mon temps à écouter Blow (rires). Avec du recul, je vois qu'il y avait énormément de fautes dans le premier, donc c'était difficile de faire pire.
     


"Dragster Wave, c'est de nouveau l'histoire de l'orgasme, la caresse qui monte..."
 
 
                
               

 

 

Je ressens cet album comme un paradoxe. Emotionnellement, des morceaux semblant instables, susceptibles de partir en vrille comme une impro, et en même temps, on note une technique travaillée, très maîtrisée. Vous avez l'air d'être complètement barrés ! 
Kris : 
Oui, c'est un peu comme dans un labo, heureusement que c'est là ! Il y a beaucoup de mélodies qui sont plus travaillées. Alors avoir des morceaux dits "commerciaux" n'empêche pas d'avoir des ambiances, des nappes sonores qui vont plus loin, dans la folie par exemple. Je pense que c'est nécessaire. 

Il y a une ambiance qui va en crescendo tout au long de l'album, différentes strates sonores au sein d'un même morceau. Une musique quasi-sexuelle ? 
Kris : 
Oui, il y a toujours une tension, c'est comme un orgasme, ça explose à la fin (sourire). 
Michaël : Et c'est très inné à Ghinzu. Moi je suis arrivé en cours de route, mais je me souviens que ça a toujours été comme ça. C'est juste plus travaillé et ça revient plus à la surface sur Blow. Avec cet album, Ghinzu est plus accessible, plus électrique et plus éclectique. 
Kris : Certains morceaux sont.. euh.... de real pop songs. 
     



 
 
                
               

 

 

Des chansons intimes piano/voix, des envolées aux ambiances cinématographiques ou encore des titres plus pêchus limite électro punk. Comment ça se retranscrit sur scène car Blow a déjà un caractère très live. 
Kris :
 C'est plus sexy (sourire). On bouge, on a un petit côté boys band (rires). 

Abordons la fameuse question du single qui est une manière, certes commerciale, de faire connaître un groupe. En France, Ghinzu s'est surtout fait connaître avec Do you read me. Est-ce pour vous un bon choix pour jouer la carte de visite Ghinzu ? 
Michaël :
 Oui alors c'est un peu l'exercice pour ce morceau en tant que single, parce qu'on ne savait pas trop quoi en faire. On a eu beaucoup de mal à l'enregistrer. On ne savait pas si on allait le mettre sur l'album ! Et finalement, c'est devenu le single (rires) ! Do you read me a une mélodie tout de suite reconnaissable alors que les autres chansons sont des mélanges de mélodies qu'il est difficile de siffloter. 

(arrivée de Greg)
     



 
 
                
               

 

 

Je trouve que le morceau qui vous définirait le mieux serait Dragster Wave. Vous en pensez quoi ? 
Michaël : 
Ça ne m'étonne pas! Dragster Wave c'est un peu 5 ou 6 morceaux en un seul. Ça rejoint l'idée que tu évoquais tout à l'heure, différentes ambiances qui passent du calme à quelque chose de très énergique, tout en crescendo. Je pense que c'est un morceaux qui a beaucoup de pathos. 
Greg : C'est un peu comme un medley. Le medley de Ghinzu. C'est notre côté Queen (rires). 
Kris : Et puis c'est un peu symphonique aussi. Et les gens aiment bien ce côté-là. C'est un morceau écrit sur piano, c'est important, ce qui dégage encore une impression filmique. C'est tous ces ingrédients dont tu as parlé en un seul morceau. Do you read me par exemple n'a pas vraiment ça. Dragster Wave, c'est de nouveau l'histoire de l'orgasme, la caresse qui monte...

En Belgique, votre carrière est bien lancée. En France, on parle beaucoup de vous depuis quelques temps, comme si Ghinzu était une découverte, un jeune groupe prometteur. Vous allez l'impression de reprendre à zéro ?
Kris : 
Ça c'est grâce à Atmosphériques qui a pris Ghinzu sous sa protection. C'est vrai que maintenant on passe bien en France. On joue aussi en Hollande, en Suisse, en Allemagne. Il y aura aussi la Suède, mais dans ce pays, on n'est pas encore distribués. Et ce pays par exemple, ça c'est une vraie conquête tu vois, Ghinzu n'y est pas distribué, tout est à faire, comme à nos débuts.
     



 
 
                
               

 

 

Très souvent, quand on évoque Ghinzu, on se sent obligés de préciser "groupe de la scène belge émergeante". Ça ne vous fatigue pas à force ? 
Michaël : 
Ça c'est l'éternel problème de vouloir toujours tout comparer. 
Greg : Le problème, c'est qu'on cherche à associer la scène belge à un style de musique alors que comme partout, il y a des groupes qui font toute sorte de musique. 
Kris : C'est une différence de culture. Tu vois moi je suis flamand d'origine. Par exemple dans les films, dans les livres, dans les conversations, dans les fights domestiques ou dans la musique, parfois je généralise tout. Je peux voir un film et me dire "ça c'est très français". Quand une femme engueule son mec, on dit "c'est très français". C'est des remarques qu'on retrouve beaucoup en Flandres ou en Hollande (rires). Les politiciens ont dû mettre du LSD dans l'eau du robinet, il y a des enquêtes et des analyses de faites (rires). 
     



 
 
                
               

 

 

J'ai entendu parler d'un coffret qui pourrait sortir en 2005, comprenant Electronic Jacuzzi, Blow et un CD bonus. Vous confirmez ? 
Michaël :
 Oui, il paraît, ça m'a fait beaucoup rire quand j'ai entendu ça. Un coffret au bout de deux albums ! A la limite on préférerait un live. Un coffret, ça fait un peu "ils sont morts". 
Kris : C'est un move marketing. 
Greg : Ce serait peut-être bien de remixer un peu le premier album. 

On peut resituer un peu les labels avec qui vous travaillez en ce moment ? 
Michaël :
 Oui alors en Belgique c'est Bang pour la distribution, un label indépendant qui a découvert Deus. Ils sont pas mal, ils font des trucs comme Carla Bruni ou Buddha Bar en Belgique, des trucs qui rentrent des sous, et ils continuent à bosser avec des groupes belges (rires). Et en France, c'est Atmosphériques, qui fait un très grand travail.
     



 
 
                
               

 

 

Aujourd'hui à Nancy, première date de votre tournée française. Vous jouez en France jusque quand ? 
Michaël : 
On est là jusqu'au 13 novembre. Court mais intense, on joue tous les soirs. La Maroquinerie à Paris, le Grand Mix à Tourcoing... Et en plus on doit retourner à Bruxelles pour tourner le clip de Do you read me.

Dans Ghinzu, il y a de très bons musiciens. Mais vous avez bien écouté des trucs inavouables dans votre vie ? Des noms ? 
Greg :
 A 13 ans, j'ai écouté Guns and Roses (rire général).
Michaël : Moi a 13 ans j'avais un album de Led Zeppelin. (rire). Ok, c'est pas inavouable, mais qu'est-ce que tu veux, j'ai du goût moi. 
Kris : Moi je ne supporte pas les trucs de fusion, les musiciens qui ne sont pas bien dans leur métier, qui font des trucs qui ne sortent pas du ventre. Mais les goûts peuvent changer ! Dans le temps je n'aimais pas George Michael et maintenant je l'aime. Je ne supporte pas la musique faite pour faire du fric, qui n'a pas de couilles.

Merci à vous trois. Une petite chose à ajouter ? 
Michaël : Je suis encore en train de chercher le nom d'un groupe pour mes goûts inavouables. Parce qu'il y en sûrement d'autres (rires). Si ça me revient pendant le concert, j'arrête la musique et je te le dis au micro. Tu seras là ?
     
 


 
 
                
               

 

 

GHINZU - Blow (Dragoon/Atmosphériques/Universal) 
infos : http://www.ghinzu.com

Julie Marchal - 19/10/2004