ILE DE LA REUNION .PRO

Le concert de Paris Combo


Le concert de Paris Combo

Une foule compacte attend de pouvoir accéder à la billetterie, et ceux déjà munis d'une place rentrent au compte-goutte. Le public est hétérogène, jeunes et moins jeunes se reconnaissent dans l'esprit jazz.

Interview

Pleins feux sur un bout de femme extraordinaire d'un charisme associé à une extrême douceur avec un brin d'espièglerie : mieux que sur la pochette du CD.
Un contact mutin avec la scène : "cela me ferait plaisir que vous arrêtiez de fumer, enfin, si vous pouvez, oui... mais, non", et toutes les cigarettes s'éteignent, tout le monde sous le charme.

Et ça commence. Tout d'abord un piano, une contrebasse, une batterie, une guitare et la voix mouvante de la Belle de Berry, ( clin d'oeil : et pourquoi ce nom, Belle du Berry ?) elle swing aussi, la demoiselle. Pendant les intermèdes musicaux, elle boit du rouge, fait partager son plaisir visible d'être là, et son subtil déhanchement, au public.
Du coup, la salle, pleine à craquer, d'abord frustrée du manque de place, commence à trouver ses repères et s'étend sur un mouvement. Du plaisir dans la salle....

Les morceaux vont crescendo, la trompette est là, la gaité s'installe. Puis apothéose complète avec les deux chansons les plus connues :"oh mon amour est un petit ciseau bleu ", où sa voix enfantine et son timbre blues se répondent dans un bonheur complet. Et bien sûr "Living room"...
Et pour la fin, un vrai cadeau : après avoir créé un contact avec la salle, Belle s'est tue et les musiociens tous ensemble débutent un morceau de toute beauté où chaque instrument se révèle dans des solos pour finalement arriver à celui du batteur, seul sur scène qui en donne à coeur joie.

Interview de Paris Combo

Q : Qu'est-ce que vous avez pensé de l'ambiance à Nancy ?
PC : Très chaleureux, bonne ambiance.

Q : Vous tournez toujours dans des salles aussi petites que le Term ?
PC : On fait plusieurs types de salles; hier on était dans un théâtre d'environ huit cent places, aujourd'hui dans une salle plutôt rock. On alterne. Tout dépend des propositions.

Q : Que vous inspire le succès que vous rencontrez avec un style de musique qui se situe entre chansons françaises des 30's et le jazz ?
PC : C'est la musique qu'on fait depuis des années, c'est une histoire de goûts, de conviction musicale. Maintenant que cela plaise à pleins de gens, cela fait très plaisir, c'est un plaisir partagé. Après, nous on ne se fait pas une analyse du type de musique que l'on est en train de faire, si c'est moderne ou pas moderne. C'est une musique que l'on pratique depuis un moment et on a essayé de bien travailler.

Q : Est-ce que vous avez ramé longtemps avant de connaître le succès ?
PC : On n'en connaît pas beaucoup qui galèrent. Ce que tu fais, c'est que tu joues dans pleins de petits endroits et tu vis avec ça, tu te débrouilles. Après, le problème est de permettre à un maximum de gens d'avoir accès à ce que tu fais, et apprécient ou n'apprécient pas. Ce qui est interressant, c'est d'arriver à toucher un public large et que le public en fasse ce qu'il en veut, plutôt que de jouer dans des lieux intimistes pour un petit cercle d'inititiés.

Q : Vous avez fait plusieurs tournées en E.U., l'ambiance était-elle comparable ?
PC : Pareil.

Q : Et la langue n'était elle pas une barrière pour un public anglophone ?
PC : Ce n'est pas vraiment une barrière, c'est un filtre. Il n'y a pas les mots mais l'émotion passe. Ce n'est pas très gênant.

Q : Belle du Berry, vous écrivez tous les textes, notamment beaucoup de chansons d'amour; est-ce que vous y mettez beaucoup de vous-même ?
PC : C'est entièrement moi-même.

Q : Comment avez vous réagi à votre nomination aux victoires de la musique ?
PC : On était étonnés et amusés. Amusés par le fait d'être nommés, mais la soirée en elle-même n'était pas très amusante.


Q : Est-ce que vous travaillez sur un troisième album en ce moment ?
PC : Très peu. On n'a pas un rythme de croisière, on a dix concerts par mois, plus le reste, alors on a du mal à se dire "tiens, on a deux jours de libres; si on se voyaient pour répéter ?". En ce moment, on tourne; mais on va s'y mettre.

Q : Et pourquoi ce nom, Belle du Berry ?
PC : Lors d'un spectacle on m'a donné ce nom, un peu comme sur les marchésquand tu présentes les gens. "Elle est belle, elle vient du Berry". Et je l'ai gardé car c'est bien pratique.

Lucile et Guillaume