ILE DE LA REUNION .PRO

DEUX NANCEIENNES A LISBONNE


DEUX NANCEIENNES EN WEEK-END A LISBONNE

 

Mon amie Monique et moi pouvons nous rendre dans le monde entier sans aucun souci linguistique. Elle parle espagnol et portugais et moi anglais et allemand. Cette année encore, nous partons à la découverte, pendant un long week-end, d'une capitale européenne. Après Rome, Madrid et Londres, nous nous rendons à Lisbonne.

De Nancy, le train de 6 H 45 nous emmène à Paris. De la gare de l'Est, nous partons à pied vers la gare du Nord pour prendre le RER qui nous conduira directement à l'aéroport Roissy Charles de Gaulle. Le vol est prévu pour midi mais Monique est déjà inquiète ! J'ai beau lui répéter que nous n'avons pas besoin d'arriver deux heures avant le décollage comme indiqué par l'agence de voyage puisque nous n'avons que des bagages à main, elle ne cesse de consulter sa montre et je vois bien qu'elle reproche en silence au conducteur du métro de ne pas rouler assez vite…

Finalement, le vol pour Lisbonne n'est pas encore annoncé !… Et pour cause, il a une heure de retard suite aux grèves ! Tant mieux, nous allons pouvoir traîner un peu dans les boutiques. Dès le premier appel, nous nous présentons aux contrôles. Pour patienter, j'ai sorti mon livre que je trimbale partout tandis que mon amie étudie le plan de Lisbonne.

Quand je parlais de découvrir la capitale portugaise, cela ne concernait que moi, car Monique a déjà visité Lisbonne plusieurs fois. En fait, elle sera mon guide comme je fus le sien à Londres où j'ai vécu pendant un an.

 

Arrivées à l'aéroport de Lisbonne, nous prenons la navette qui se rend régulièrement au centre-ville. Puis nous marchons, sous un soleil de plomb, vers notre hôtel. Et là, surprise !…

- Ils n'ont plus de chambre, traduit Monique.

- Quoi !?!

Elle se tourne à nouveau vers la jeune fille qui s'explique longuement.

- Ils ont eu l'arrivée d'un groupe. Ils n'ont pas voulu séparer les gens et ils ont donné notre chambre, traduit Monique.

- Super !

Je commence à regretter d'avoir acheté ce voyage par Internet. Cela m'apprendra de vouloir à tout prix être dans le coup. Si j'avais suivi le conseil de mon amie, nous serions allées dans une bonne vieille agence de voyage où une fille en chair et en os nous aurait vendu nos billets d'avion et réservé notre hôtel et nous aurions signé un bon vieux chèque. Mais non ! il a fallu que j'insiste, agrippée à ma souris et les yeux rivés sur l'écran où défilaient les hôtels de la capitale portugaise, traitant presque mon amie de réac parce qu'elle hésitait à donner son numéro de carte bleue sur Internet… Là, debout devant le comptoir de l'hôtel, j'attendais le reproche que j'encaisserais sans mot dire…

- Tout s'arrange ! s'exclame Monique avec un grand sourire.

- Ah oui ?

- Ils ont réservé pour nous une chambre au Turim !

- Au Turim ?!

- Oui, l'hôtel qui nous plaisait tant mais qui était complet !

Un taxi nous conduit jusque l'hôtel Turim, bel hôtel quatre étoiles tout neuf, à proximité de la Place du Marquis de Pombal. Nous nous installons rapidement puis ressortons en quête de l'Office du Tourisme pour acheter la fameuse Lisboa Card (prononcer Lichboa) qui doit nous permettre d'utiliser sans restriction les moyens de transport de la capitale durant notre séjour.

 

 

Voici le hall de notre hôtel, avec les symboles de toutes les capitales de la CEE, dont le fameux coq portugais, galo de Barcelos (rien à voir avec Barcelone), emblème du pays et que l’on trouve un peu partout dans les boutiques de souvenirs, décliné sous toutes les formes… Un voyageur en route sur le chemin de Compostelle est accusé de vol à sa sortie de Barcelos et condamné à la pendaison. Avisant le juge s’apprêtant à manger un coq rôti, le pèlerin affirme que le gallinacé va se lever et se mettre à chanter pour prouver son innocence. Le miracle a lieu et le pèlerin revient, des années plus tard, pour sculpter le fameux coq.

  Praça Marquês de Pombal

 

A deux minutes de notre hôtel se trouve la magnifique Place Marquis de Pombal à qui les Portugais doivent la reconstruction de Lisbonne après le terrible tremblement de terre suivi d'un tsunami le 1er novembre 1755 à l'heure de la grand'messe. Ministre du roi Joseph 1er, il organise les secours après la catastrophe, fait enterrer les morts et ordonne la reconstruction de la ville

 

 Rossio

 

Après avoir longé l'Avenida da Liberdade, longue de 1500 m, les Champs Elysées lisbonnais, majestueuse avenue bordée d'immeubles abritant théâtres, cinémas, hôtels, restaurants, agences de voyages, aux trottoirs pavés de motifs noirs et blancs, nous arrivons à la Praça des Restauradores puis au Rossio de la Baixa (prononcer baïcha). C'est le quartier de la ville basse où se trouvent commerces et bureaux. C'est le quartier rasé par le tremblement de terre de 1755. Au centre de la place se dresse une colonne portant la statue en bronze du roi Dom Pedro IV. Autour se trouvent des fontaines. Le sol pavé en forme de vagues donne une étrange impression au promeneur.

 

 Praça do comercio

 

Nous prenons la rua Augusta bordées de boutiques et de cafés pour nous rendre Place du Commerce nommée également Terreiro do Paço (Terrasse du Palais), la plus belle place de la ville. Le soir tombe sur Lisbonne… qui s'illumine. Cette place, construite en souvenir du palais royal détruit par le fameux tremblement de terre, débouche sur le Tage. Ici, aux confins de la ville mais à proximité du quartier commerçant, on se prend à rêver, le regard perdu au-delà du fleuve.

 

 Alfama – Escadinhas de Saude

 

Le lendemain matin, après un solide petit déjeuner, nous prenons le métro pour nous rendre dans le quartier Alfama, le plus ancien de Lisbonne, qui doit son nom à la domination arabe en 714 ap. J.-C. C'est un quartier populaire avec des rues étroites, des maisons qui se touchent presque, des escaliers interminables, des églises, des fontaines.

 

 Maisons dans le quartier Alfama

 

A Lisbonne, il n'est pas rare de voir les façades des maisons recouvertes de petits carrelages, bleus ou verts le plus souvent. Dans le quartier Alfama, les maisons rénovées côtoient les ruines.

 

 Santo Estevao

 

Les églises, à Lisbonne, sont très nombreuses et très fréquentées, quelle que soit l'heure de votre visite.

 

 Castelo de Săo Jorge

 

Nous progressons jusqu'au Château St-Georges.

 

 Vue des remparts

 

Le château occupe une position stratégique remarquable. Bâti au 5e siècle par les Wisigoths et au 9e par les Maures, il compte dix tours reliées par de puissantes murailles crénelées.

 

 Praça da Figueras

 

Du château Saint Georges, vue sur une des places de la ville.

 

 Le tram 28 dans le quartier Alfama

 

De retour dans le quartier Alfama, nous prenons, juste pour le plaisir, le tram 28. Utilisé par la population locale, il est néanmoins volontiers emprunté par les touristes pour son trajet dans les rues tortueuses du vieux quartier. Quoique étroites, les rues n'en sont pas moins à double sens, ce qui occasionne l'emportement du chauffeur de « notre » tram vis à vis de son collègue d'en face qui s'est engagé trop vite. Après moult gestes évocateurs et une flopée de mots que Monique n'a pas besoin de me traduire, notre chauffeur consent à reculer pour laisser passer son collègue, non sans l'avoir, en guise d'adieu, copieusement arrosé d'une nouvelle bordée d'injures !

 

 Museu do azulejo

 

La visite au musée des carrelages sera brève car nous y arrivons à peine une heure avant la fermeture. Nous avons néanmoins le temps d'admirer les remarquables fresques réalisées en carreaux de faïence.

 

 Taverne del Rey

 

De Nancy, nous avions cherché un restaurant dans lequel se produisent des chanteurs de fado. C'est ainsi que nous avions réservé une table à la Taverne del Rey. Moi qui ne connaissais pas le fado, j'étais contente de pouvoir participer à une soirée typique, d'autant que le prix du menu était très raisonnable.

 Taverne del Rey

Le fado, qui doit son nom au latin fatum signifiant destin, apparaît au Portugal à la fin du 18e siècle. Chant triste et monotone des marins, il aborde tous les thèmes des passions humaines. Amalia Rodriguez a rendu le fado célèbre dans le monde entier. Moi qui ne comprends pas le portugais, je n'en suis pas moins émue par les mélopées que la chanteuse interprète avec ses tripes, accompagnée par deux musiciens à la guitare et à la viole. La serveuse profite de notre émotion pour nous proposer un vin sans nous donner la carte. Nous acceptons sans aucune méfiance. La note sera salée !… Alors, surtout ne manquez pas une soirée de fado, mais restez vigilants !!!

 

 Museu Nacional dos Coches

 

Le lendemain matin, départ en tram pour le quartier de Belém, point d'orgue de notre séjour à Lisbonne.

Nous commençons par le musée des carrosses, malheureusement en cours de réaménagement, où nous avons cependant pu contempler une splendide collection de carrosses et diverses voitures du 16e au 19e siècle.

 

 Mosteiro dos Jerónimos

 

Quand on arrive devant le majestueux monastère des Hiéronymites, le souffle manque. Dédiée à l'un des ordres religieux d'ermites de saint Jérôme, cette imposante bâtisse, fondée en 1502 par le roi Manuel, semble faite de dentelle.

 

 Eglise Santa Maria

 

Il n'est pas un centimètre de pierre qui ne soit sculpté… Des chants grégoriens accompagnent notre visite. Je suis saisie par l'émotion.

 

 Le cloître

 

Le cloître adjacent au monastère est un chef-d'œuvre d'architecture. Sur deux étages, la richesse sculpturale s'offre à nos yeux.

 

 Détail architectural du cloître

 

Malheureusement, les touristes affluent. Trop de monde et trop de bruit dans cet endroit de recueillement.

 

 Voûte de la galerie du cloître

 

Profitant d'une accalmie, je m'attarde. Comme j'aimerais pouvoir bénéficier d'une heure de solitude et de silence absolu pour m'imprégner de l'atmosphère mystique qui règne dans ce cloître.

 

 Le monument des découvertes

 

En sortant du monastère des Hiéronymites, nous nous dirigeons vers le Padrăo dos Descobrimentos. Le Monument des Découvertes représente une proue de navire. Terminé en 1960, pour le cinquième centenaire de la mort de l'Infant D. Henrique, il mesure 50 m de haut et la statue centrale (l'Infant) mesure 9 m. Les fondations ont une profondeur d'environ 20 m. Derrière l'Infant se trouvent 32 personnages liés au monde des découvertes parmi lesquels, bien sûr, le célèbre navigateur Vasco de Gama.

 

 La rose des vents

 

Un ascenseur nous mène au sommet du Monument des Découvertes d'où la vue est magnifique. On découvre également, d'en haut, la mosaïque de marbre que nous avons foulée et qui représente une rose des vents avec une mappemonde en son centre et les vagues identiques à celles du Rossio.

 

 

  Torre de Belém

 

Du Monument des Découvertes, nous nous rendons à la Tour de Belém toute proche. Forteresse bâtie à l'origine au milieu du Tage, elle se trouve aujourd'hui au bord d'une plage suite au déplacement du cours du fleuve.

 

 La Tour de Belém côté ouest

 

Malheureusement, il ne nous sera pas possible de pénétrer à l'intérieur en raison de l'heure trop tardive. Il faudra revenir…

 

 Les Jéronimos de nuit

 

Nous dînons dans le quartier de Belém. Après un repas de poissons, nous retournons sur nos lieux de visite de la journée. Eclairés, les Jéronimos, la Tour de Belém et le Monument des Découvertes ont un charme envoûtant.

 

 

L'heure du départ a malheureusement déjà sonné. Quatre jours sont vraiment trop courts pour visiter une ville au passé architectural aussi riche que Lisbonne. C'est promis, nous reviendrons, pour entrer dans la Tour de Belém que nous n'avons vue que de l'extérieur, refaire un tour dans les splendeurs des Jéronimos et découvrir d'autres musées, d'autres quartiers et, pourquoi pas, d'autres villes du Portugal.

 

 

Place impériale et le monastère des Hiéronymites vus du haut du Monument des Découvertes

 

 

 Isabelle Chalumeau (écrivain public)

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